Hollande/Merkel : Le bras de fer commence

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Pas encore investi et déjà rattrapé par la réalité de la crise de l’Euro. François Hollande se rendra le 15 mai à Berlin rencontrer à Angela Merkel. Le but, essayer de dissiper un certain nombre de malentendus notamment sur le dossier de la croissance européenne.

François Hollande suscite beaucoup de questions de la part de nos partenaires européens.
Face à la crise grecque, on ne connait pas la position française et face à la crise de la zone euro, François Hollande se retrouve très seul pour réclamer une révision du pacte de stabilité budgétaire.  Pour la plupart des dirigeants, pas question de remettre en cause les principes de redressement des finances publiques et surtout pas question de relancer des processus de croissance sans faire des réformes de compétitivité. « Pas question d’ajouter de la dette à la dette existante », Angela Merkel ne peut être plus précise.

Un plan pour éviter le clash.

Il est évident que personne en Europe ne veut infliger un camouflet à François Hollande alors qu’il vient à peine de s’installer. Il y a donc un plan qui pourrait permettre d’éviter le conflit. Ce plan a été concocté en Allemagne revu et réécrit à la commission européenne. Il stipule que les engagements d’équilibre budgétaire ne peuvent pas être remis en cause mais on indiquerait haut et fort que l’ambition de tous est de retrouver de la croissance. On pourrait aussi réanimer les fonds structurels qui n’ont pas été tissés ce qui permettrait de financer quelques grands travaux, mais c’est assez symbolique. Enfin, on laisserait la BCE intervenir pour assurer la liquidité comme elle l’a déjà fait en janvier.

De l’inflation sous condition.

Autre volet plus confidentiel, on inviterait tous les gouvernements à faire un peu d’inflation sans en parler officiellement. L’inflation a l’immense avantage d’alléger le poids des dettes. L’inflation, c’est un impôt qui ne dit pas son nom et qui est perçu sur les épargnants. On spolie un peu les rentiers. Si l’Allemagne fait de l’inflation, elle perd en compétitive. Du coup, ses partenaires se sentiront mieux. C’est la seule concession que les Allemands veulent bien faire et elle est énorme. Tout cela à condition, que tout le monde respecte la règle d’or d’équilibre des finances publiques. Tout le monde même François Hollande.