Hollande/Sarkozy : Deux méthode pour relancer la croissance

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. La croissance est enfin devenue un enjeu de la campagne. Les deux principaux candidats ont exposé leurs solutions pour en retrouver le chemin.

Si la croissance s’est invitée au cœur de la campagne, c’est parce que les candidats ne peuvent pas  ne pas tenir compte de la situation. Cette situation elle est simple : pour sortir de la crise, il faut rembourser les dettes. Pour rembourser les dettes il faut réduire les dépenses et augmenter les recettes. Et pour cela, il faut réanimer l’activité pour créer des emplois et des richesses : Il faut faire de la croissance. Partout en Europe on sait cela.

Dans la théorie, on peut fabriquer de la croissance de deux façons. La première, consiste à soutenir la demande de consommation en distribuant des revenus. C’est la méthode traditionnelle de la gauche. Le problème, c’est qu’il faut de l’argent public. Or, nous en avons de moins en moins. Sans compter qu’une relance de la consommation gonfle les importations, donc les déficits. Alors, on oublie. La seconde solution, c’est de soutenir l’offre de produits exportables. C’est par tradition, la méthode de la droite. Pour cela, il faut produire des biens qui se vendent à l’étranger. Comment ? En multipliant les investissements dans l’innovation et en libérant la compétitivité et la concurrence. Une méthode qui nécessite du temps et la collaboration des syndicats. Ce n’est pas gagné. Cela demande aussi  une harmonisation européenne, donc plus de fédéralisme dans la gouvernance et, de fait, le soutien de l’Allemagne.

Quand François Hollande et Nicolas Sarkozy plaident pour la croissance ils ont raison. Mais pour que le moteur de la croissance marche, il faudra inévitablement organiser une réduction des dépenses publiques, mettre en place une politique d’offre et engager une reforme des institutions européennes. Le Président nouvellement élu n’y échappera pas, qu’il soit de gauche ou de droite.