Italie : Mario Monti a besoin de temps

L’émission d’obligations italiennes a débouché lundi matin sur un taux d’intérêt record. Signe que Mario Monti qui a la confiance des marchés, a aussi besoin de temps.

6,29%, c’est le taux d’intérêt auquel l’Italie a été obligé d’emprunter ce matin. Du jamais vu depuis 1997. Les marchés et les gouvernements ont applaudi le départ de Silvio Berlusconi. Ils ont aussi été très soulagés par l’arrivée de Mario Monti à la tête de l’exécutif  italien. Mais les marchés restent très méfiants et inquiets. La première adjudication post-Berlusconi s’est très mal passée. Une émission d’obligation de 3 milliards d’euros a été souscrite ce matin et à quel prix ! 6,30% sur 5 ans. C’est 1% de plus qu’en octobre. Avec de tels taux, la prime de risque exigée est intenable. Surtout quand on sait que dès début de 2012, il faudra trouver 230 milliards d’euros.

Monti a besoin de temps.

On estime que la zone de sécurité pour l’Italie se situe à 5,5% maximum. En deçà de cette limite, la péninsule s’en sort. Au-delà, elle risque l’infarctus et entraine les autres pays de l’Europe du sud dont la France. Mario Monti, ce n’est pas Harry Potter. C’est un excellent technicien qui a la confiance des marchés, mais il lui faut du temps :

-D’une part former un gouvernement. Cela va demander 2 ou 3 jours.

-D’autre part, trouver une majorité et faire passer les reformes budgétaires, sans asphyxier l’activité.

Le vrai problème est là.

Le ralentissement de la croissance complique tout parce qu’il compromet les efforts consentis pour réduire les endettements. On ne sait toujours pas qui pourrait aider un de ces grands pays s’ils avaient des difficultés. Les États de la zone euros ont le choix entre la mort lente avec les plans d’austérité et la mort subite avec la faillite. Ce n’est pas très joyeux comme perspective.