Jean-François Roubaud – CGPME : « C’est un retournement de la situation ! »

Le gouvernement va revisiter la taxe sur les plus-values de cession. C’est la principale annonce de François Hollande lors des Assises de l’entreprenariat qui se sont clôturées lundi. Des mesures qui satisfont la CGPME. L’organisation dirigée par Jean-François Roubaud réclamait depuis longtemps ce type de disposition. Pour ce dernier, une inflexion gouvernementale en faveur de l’entreprise est en train de s’opérer.

Quel est votre sentiment au lendemain des annonces de François Hollande ?
Je crois que c’est extrêmement positif. C’est un soutien à l’entrepreneuriat clair et net. Je note surtout la suppression de l’indicateur 040 de la banque de France, c’est une très bonne nouvelle. Nous le demandions depuis au moins un an ou deux car cela stigmatisait les chefs d’entreprise qui avaient connu l’échec. Cet indicateur les empêchait de rebondir. Et on se privait vraiment d’une possibilité de créer des entreprises. D’après nos calculs, ce sont 160.000 chefs d’entreprise qui sont dans ce cas-là. On ouvre donc la porte à un potentiel de création d’entreprise et d’emploi important.Je dois dire, sur ce sujet, que c’est vraiment Fleur Pellerin avec qui j’en avais parlé, il y a plusieurs semaines, qui l’a très vite ajouté dans le pack de propositions du Président.

Principale annonce, la taxe sur les plus-values de cession. Avez-vous le sentiment d’avoir gagné le combat ?
Oui absolument. J’avais rencontré, il y a quelques semaines, le président de la République un soir tardivement à l’Elysée. Je lui avais fait quelques propositions sur deux ou trois points, et quelques reproches aussi ! Il avait été très attentif, très à l’écoute et m’avait bien fait comprendre qu’il mettrai ces demandes dans les propositions qu’il a formulé hier soir. J’ajoute également que cette proposition sur les plus-values a été formulée avec Jean-David Chamboredon, le « patron des pigeons » pour que la formule soutienne les uns comme les autres. Enfin, c’est une fiscalité qui se met sur la ligne européenne et cela va permettre d’attirer les business-angels et autres investisseurs en France.

N’est-ce pas surtout une victoire du mouvement des pigeons sur des formations plus traditionnelles comme la CGPME ou le MEDEF ?
Je crois que c’est la victoire de tous, des pigeons, de la CGPME… Ce n’est pas la lutte des anciens contre les modernes. Cette solution a été trouvée ensemble, c’est du gagnant-gagnant. Ce qu’il faut comprendre, c’est que pour nous, c’est un retournement de la situation. Nous avons enfin un vrai signe pour l’entrepreneur et pour l’entreprise. Bien sur il manque encore des choses, bien sur ça n’efface rien de ce que nous avons subi depuis un an, les augmentations de charges etc. Simplement, nous sommes dans un mouvement d’inflexion. Le chef de l’État s’est engagé sur des mesures pérennes. Alors essayons de voir le verre à moitié plein plutôt que le verre à moitié vide.