Jean-François Roubaud – CGPME : « Le gouvernement doit mettre la priorité sur la compétitivité »

Le gouvernement a adopté en Conseil des ministres le projet de « sécurisation de l’emploi ». Une réforme du marché du travail qui fut moyennement contestée mardi dans la rue, à l’appel de FO et de la CGT. Le projet de loi sera débattu au Parlement en avril et transpose l’accord conclu le 11 janvier entre le patronat et trois syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC). Pour le président de la CGPME, Jean-François Roubaud, cet accord constitue une première étape. La CGPME attend désormais du gouvernement des actions concrètes pour relancer la compétitivité des entreprises.

La manifestation, hier, de la CGT et de FO, contre l’accord sur la flexibilité du travail, n’a pas réuni beaucoup de participants. Est-ce un échec pour ces syndicats ?
Je ne dirais pas cela. Je crois qu’ils ont eu une attitude un peu spéciale vis-à-vis de ce projet. Au moment de la négociation, nous pensions que FO allait signer. Mais la CGT, on est habitué à son refus de signature. Ceci étant, ce n’est pas très grave pour nous car, dans nos petites entreprises privées, la CGT n’est pas très présente.

Hier, les manifestants reprochaient aussi au gouvernement son manque d’activisme sur les questions d’emploi, de compétitivité… Êtes-vous d’accord avec eux ?
On sait bien que c’est difficile pour le gouvernement. Mais il faut vraiment qu’il mette la priorité sur la compétitivité en France même si l’accord va dans ce sens-là. Ce que l’on attend maintenant du gouvernement, ce sont des mesures plus précises sur la partie économie de fonctionnement de l’État plutôt que de rajouter de la fiscalité. C’est important parce que les Français comme les chefs d’entreprises, sont dans le flou.

C’est-à-dire ?
On va d’annonces en contradictions, on s’attend tous les matins à des augmentations de la fiscalité et je ne parle même pas la nouvelle TVA. A peine mise en place que l’on parle de l’augmenter encore. Toute cette incertitude pousse le chef d’entreprise à épargner plutôt qu’investir. Il faut fixer dès maintenant des objectifs afin de donner de la visibilité. Depuis juin on a subi beaucoup de coûts supplémentaires (fiscalisation des heures supplémentaires, retraite à 60 ans pour certaines catégories). Toutes ces mesures coûtent de l’argent à l’entreprise et ne permettent pas d’embaucher. Or, le seul remède au chômage, c’est la croissance.

Quelles sont vos préconisations pour un retour à la croissance ?
Nous avons fait de nombreuses propositions de mesures concrètes. Par exemple, nous proposons que l’Impôt sur les Sociétés soit diminué quand les fonds propres de l’entreprise sont dans certaines situations afin de laisser au chef d’entreprise la possibilité d’investir. Nous avons également proposé des mesures pour relancer l’exportation de nos PME grâce à des mécanismes d’incitations. Cela pourrait être une défiscalisation du chiffre d’affaires à l’export les premières années. Le gouvernement doit mettre en place des mesures précises et surtout concrètes.

Par Julien Gagliardi