Jean-Hervé Lorenzi : « Hollande a confirmé son virage économique »

François Hollande a, lors de sa première conférence de presse, répondu aux questions économiques des journalistes. Le Président du Cercle des économistes, Jean-Hervé Lorenzi, revient sur les mesures récentes et décrypte l’intervention du Président de la République.

En avril dernier, vous étiez l’un des signataires d’une tribune dans Le Monde en faveur de l’élection de François Hollande. Depuis, quels jugements portez-vous sur ses premières mesures ?
Ce qui a été décidé est bien. Je trouve par exemple que le plan Ayrault est un bon plan qui à la fois pour objectif de parler aux entrepreneurs et aux Français. C’est-à-dire d’essayer de relancer la compétitivité et de préserver le pouvoir d’achat. Sur ce plan là, la conférence d’hier était assez bonne.

Depuis l’annonce de ce pacte de compétitivité, on parle d’un virage dans la politique de François Hollande. Lui le réfute, et vous ?
Oui c’est vrai qu’il y a un virage et il l’a confirmé hier. Mais vous savez, c’est difficile pour un politique de l’exprimer aussi clairement. On est passé d’une politique de l’offre à une politique de la demande car les problèmes de compétitivité sont apparus plus brutaux et la conjoncture plus difficile. Il y a eu une prise de conscience de l’ensemble de ces problèmes.

Dans son allocution, Hollande indiquait : « 1% d’économie budgétaire, ce sont 12 milliards d’euros, nous pouvons faire mieux ». Peuvent-ils effectivement faire mieux ?
Oui et je pense que c’est la voie vers laquelle on va se diriger. Aujourd’hui, on applique un politique très déterminée par l’environnement international et pas à partir des considérations de nature idéologique. Maintenant il s’agit en effet de traiter le problème de la dépense. La volonté du gouvernement d’y aller me parait satisfaisante.

Quels sont les prochains défis économiques pour le gouvernement Ayrault ?
Les prochains défis, ce sont les formes de libération et de régulation du marché du travail. On va surtout parler de la « flexisécurité », c’est-à-dire la liberté dans l’entreprise vis-à-vis du salarié et une meilleure prise en charge du salarié lorsqu’il est en situation de chômage. C’est un point essentiel pour un retour à la compétitivité.

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Jean-Hervé Lorenzi est président du Cercle des économistes, conseiller du directoire de la compagnie Financière Edmond de Rothschild et membre du conseil d’analyse économique et administrateur de l’Association « Diversum ». Il a également été conseiller économique du Premier Ministre d’Édith Cresson et directeur Général de CEA Industrie. Jean-Hervé Lorenzi est diplômé de l’ENSIEG, docteur en sciences économiques et agrégé des Facultés de droit et sciences économiques.