L’édito du jour: En Amérique, le nationalisme industriel n’est pas un gros mot !

Boeing a annoncé dans la nuit avoir remporté aux dépends d’EADS le gigantesque contrat des avions ravitailleurs de l’U.S. Air Force, estimé à quelque 35 milliards de dollars. Ce contrat est l’aboutissement de huit années de négociations et de batailles juridiques, financières aussi entre l’administration américaine et EADS, la société européenne qui produit Airbus.

Ce contrat porte sur la fourniture de 179 avions ravitailleurs de l’armée américaine pour un montant estimé de 35 milliards de dollars.

Un contrat emporté au finish sur des critères dont on nous affirme qu’ils sont totalement objectifs.

Les deux constructeurs se sont livrés une guerre de prix au point d’arriver aux mêmes tarifs. Les deux constructeurs affirmaient la semaine dernière qu’ils pourraient créer et maintenir aux Etats-Unis le même nombre d’emploies, environ 45 000.

Ce qui aurait fait la différence c’est le prix de l’entretien et de la consommation. Boeing affirme que son avion coutera entre 10 et 20 % moins cher à la consommation.

Le problème, c’est que l’avion Boeing n’existe pas. Il faut le concevoir et le fabriquer. Alors que l’avion Airbus est une adaptation militaire de l’A330 et qu’il est déjà en activité.

La bataille s’est livrée sur le terrain politique aussi. Les américains comme toujours ont protégé leur industrie et n’ont pas hésité à faire jouer la préférence nationale d’autant que dans le système américain, les dépenses militaires permettent de financer sur fonds publics une grande partie de le recherche qui profite ensuite au privé.
En Europe, nous avons des pudeurs de jeunes filles, nous sommes en concurrence et cette affaire va être très préjudiciable à la cohérence d’EADS ou il y a déjà des tiraillements. Une pudeur de jeune fille quand on voit la difficulté qu’on a vendre le Rafale.

La grande leçon de tout cela c’est qu’en Amérique, le nationalisme industriel n’est pas un gros mot.