L’édito du jour: Pourquoi le n°2 de Renault s’exprime ce matin ?

Dans un entretien au Figaro publié vendredi, Patrick Pelata, n°2 de Renault, admet que l’affaire d’espionnage supposée pourrait être une manipulation interne.

Patrick Pélata est le DG de Renault, Un homme qui a fait toute sa carrière auprès de Carlos Ghosn notamment chez Nissan. C’est la première fois qu’il s’explique et c’est important.

Cela signifie, à mon avis, trois choses :

1° Il rappelle qu’il y a une enquête et qu’il s’en remet au procureur. Il est donc prudent parce qu’il ne veut pas interférer dans cette enquête.

2° Il raconte l’histoire telle qu’il l’ a vécu: Lettres de dénonciation anonyme qui ont sans doute été accompagné de rapport qui ont remonté jusqu’à la direction générale. Tout cela dans un contexte très tendu peut être un peu parano et sur la base desquelles ils ont pris des décisions qui apparaissent légères et rapides aujourd’hui.

3° Il n’exclut donc aucune hypothèse et notamment pas celle de la manipulation interne. En clair, le DG se serait fait avoir notamment du coté des services de sécurité qui sont assez absents. S’il y a eu manipulation et bien il en tirera toutes les conséquences.

Problèmes de responsabilités, de réorganisation interne, de reporting…il y a eu un sacre cafouillage dans les procédures. Le plus difficile pour une grande entreprise c’est de savoir ce qui se passe en interne. Problème de DRH, problème de procédures. Ca veut dire que si il y a eu manipulation, les personnels suspendus seraient réintégrés.

Alors, c’est un discours de reprise en main dans la gestion de cette affaire qui donne l’impression de fébrilité et de fragilité. C’est un discours qui s’adresse aux administrateurs, aux personnels, aux actionnaires qui commence à se demander ce que faisait le pilote avec son équipage.

C’est enfin un discours qui vise à protéger Carlos Ghosn. Très nettement : Ce n’est pas la stratégie qui est en cause c’est le management.

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