L’édito du jour: Xavier Bertrand parle emploi pour faire oublier qu’il y a un problème de pouvoir d’achat

Baisse importante du chômage en janvier. C’est ce que Xavier Bertrand déclarait hier sur le plateau de 20h  TF1. Mais quelle est la réalité de cette annonce ?

Quand un ministre se précipite sur un plateau de 20H pour expliquer des chiffres bons sans les avoir, c’est qu’il y a une opération de communication politique derrière. L’équation est très simple :

1er point : Il y aura sans doute une amélioration des chiffres sur janvier. Le mois de décembre avait été  très mauvais, le nombre de chômeurs avait augmenté de 3%. Ce qui prouvait que la machine économique ne redémarrait pas comme on pouvait l’imaginer. D’où la mobilisation ultra rapide de Nicolas Sarkozy début février pour prendre des mesures de traitement social du chômage. 500 millions d’euros supplémentaires qui s’ajoutent aux 2,6 milliards de prévus. Xavier Bertrand est donc venu hier soir dire : « vous allez voir ce que vous allez voir, ce que le président a fait, ça marche !»

2ème point : Il y a autre chose. Au delà des chiffres, le gouvernement est inquiet d’une probable dégradation de la situation économique. La hausse du prix du pétrole, la hausse des prix alimentaires, le chaos dans les pays émergents fait courir le risque de l’inflation. D’ou une probable pression sur les salaires.

Les français savent que leur pouvoir d’achat va baisser. Les syndicats savent qu’ils vont devoir exprimer cette demande. Ça va être la revendication du printemps. Dans le privé comme dans le public. Or, l’appareil économique ne peut pas céder à cette demande. Parce que si l’on cède, on tombe dans un engrenage qui casse le fonctionnement positif de l’entreprise qui a déjà un problème de compétitivité. Si on cède, on casse les perspectives d’améliorations de l’emploi.

Xavier Bertrand est donc dans un plan de communication pour dire : « Ne vous inquiétez pas ça va marcher sur l’emploi, donc ne vous énervez pas sur les salaires ». Sous entendu si on s’énerve sur les salaires on entre dans une logique incontrôlable.