L’Espagne et la Grèce : le même combat contre la dette

L’Edito de Jean-Marc Sylvestre. Grève général en Espagne aujourd’hui pour protester contre les réformes d’austérité. Le tout sur fond de récession économique et de crise financière. La situation espagnol est-elle dans la même situation que la Grèce ?

Oui…

Le scenario espagnol est un remake du scenario grec mais en beaucoup plus noir et beaucoup plus dangereux. La Grèce, c’était une grenade que l’on a pas su désamorcer. L’Espagne, c’est une bombe nucléaire. L’Espagne, c’est  46 millions d’habitants et environ 25% de chômage. Dont 50 % chez les jeunes. L’Espagne, c’est une économie fondée sur trois piliers malades :  l’agroalimentaire, l’immobilier et le tourisme. Enfin, le pays ne trouve plus le financement de son fonctionnement. Comme en Grèce, comme en Italie et comme partout, il faudra nettoyer les bilans et couper dans les dépenses à un point que l’opinion n’acceptera pas. Problème, une telle austérité aura pour risque d’asphyxier toutes les chances de la croissance.

… et non.

Mais l’Espagne, contrairement à la Grèce, a plus d’atouts. Le gouvernement est tout neuf : Mariano Rajoy est encore légitime. Les Espagnols sont plus responsables et le poids du pays est tel, qu’il fait peur. Donc l’Europe tout entière fera ce qu’il faut pour désamorcer cette bombe. L’Europe prépare son pare-feu en pensant à la Grèce mais les institutions et la BCE interviendront aussi pour l’Espagne. A une condition. Que Madrid prouve sa capacité à nettoyer ses bilans. Cette grève générale est une opportunité pour Mariano Rajoy de prouver sa détermination. S’il cède, la zone Euro ira très mal. S’il tient, il obtiendra l’aide totale des Européens.

C’est pourquoi les spécialistes veulent disposer de plus de 1000 milliards d’euros pour intervenir. Le conseil des ministres européens devaient le décider vendredi bien conscient que si la Grèce ou l’Espagne saute, tout le monde saute.