L’esprit d’entreprise souffle de plus en plus fort, mais la gauche ne veut pas en entendre parler

Manuel Valls et Emmanuel Macron ont beau clamer sur tous les tons qu’ils aiment l’entreprise, au sein de la famille de gauche, ils se sentent bien seuls. La plupart des membres du gouvernement et des parlementaires de la majorité ne croient pas dans les entreprises et dans leurs dirigeants.

La situation est accablante pour l’avenir de l’économie française. Nous sommes dans un pays où l’esprit d’entreprise existe mais où les gouvernants se contentent de faire des déclarations de principes et ne font rien pour les supporter et les aider.

L’esprit d‘entreprise existe puisque l’année dernière les Français ont créé plus de 330.000 entreprises nouvelles, c’est un record. Plus du tiers des Français considèrent que la situation de chef d’entreprise est plus intéressante et plus agréable à vivre que la situation de salariés.

Il y a donc une volonté très forte dans ce pays pour se mettre à son compte. L’effet du chômage de masse pousse certains à créer leurs emplois mais surtout les gènes de la création sont encore très puissants.

Jusque dans les années 2000, le projet des jeunes et de leurs parents était plutôt de devenir fonctionnaire que salarié chez un patron. Aujourd’hui, la tendance s’est progressivement renversée. Il faut dire que l’Etat et les collectivités locales se sont mis à moins embaucher, que les conditions de rémunération sont devenues presque plus intéressantes dans le privé et surtout que l’aventure de l’entreprise a ouvert des potentialités de développement considérables.

Un peu comme sous la révolution industrielle, les grandes inventions ont suscité des vocations d’entrepreneurs. La révolution digitale aujourd’hui joue le même rôle. La moitié des créations d’entreprise appartiennent au secteur des technologies de la communication. Demain, les biotechnologies peuvent susciter autant de projets. Autre phénomène, les exemples étrangers sont visibles et contagieux.

Pourtant, il y a un problème français. Le tiers des entreprises nouvelles meurent avant l’âge de deux ans. La mortalité infantile est donc très forte. L’autre problème, c’est que les entreprises ont du mal à croitre et à se développer. Affaire de seuils, de barrières administratives ou fiscales, affaire de culture et de formation..

Enfin, nous avons un gouvernement qui ne prédispose pas l’écosystème à faire éclore les nouvelles entreprises. La gauche francaise s’intéresse plus aux anciennes entreprises qu’aux nouvelles. Or, le monde de l’entreprise fonctionne comme la forêt : on a besoin de faire mourir les vieux arbres pour que les jeunes pousses puissent grandir.

La gauche française ne fait rien pour accroitre les espaces de liberté des entreprises. Plus grave, elle ne tient pas un discours qui pourrait encourager les créateurs d’entreprise. Manuel Valls et Emmanuel Macron sont des exceptions dans la paysage de gauche qui fait les yeux doux aux chômeurs et aux fonctionnaires. Tout en fustigeant les chefs d’entreprise, à qui l’on reproche très souvent de s’enrichir sur le dos de leurs salariés et à qui l’on reproche de se plaindre en permanence en réclamant des aides et des subventions d’Etat.

Le discours qui accompagne le CICE revient à culpabiliser les chefs d’entreprise en leur demandant de rendre des comptes sur l’argent public qu’ils reçoivent. C’est assez décourageant comme attitude. D’abord, ils ne reçoivent pas de l’argent volé, c’est l’argent des impôts qu’on leur rend. Ensuite, le chef d’entreprise ne peut pas s’engager à créer des emplois au prorata des crédits d’impôts reçus. Il faut ne rien avoir compris au fonctionnement du secteur pour réclamer un tel engagement au chef d’entreprise.

L’entrepreneur a besoin de liberté d’action pour entreprendre. L’argent du CICE peut lui servir à augmenter les salaires, à investir dans du matériel neuf ou à conquérir de nouveaux marchés par de la publicité. Donc le chef d’entreprise peut ne pas créer d’emplois directs, mais quand il augmente le pouvoir d’achat de ses salariés, quand il investit, il booste l’activité et permet la création d’emplois ailleurs que dans son entreprise. Théoriquement c’est tout le système qui en profite.

Cet écosystème n’existe pas en France. Du coup, l’entrepreneur qui lance une entreprise parce qu’il a du talent et de l’ambition peut décider de partir à l’étranger. Il y a presque autant de Français qui créent une entreprise en Grande-Bretagne, au Canada, en Australie, au Brésil et en Asie que dans l’hexagone. Il y a quand même un problème, non ?

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