L’Etat ne s’enrichit pas avec les radars !

Par Cyprien Bernard. Alors que Manuel Valls s’auto-congratule de son bilan en matière de sécurité routière, soulignant l’efficacité des radars embarqués, beaucoup doutent encore de l’utilité de ces derniers, les qualifiant de machines-à-sous étatiques. L’État s’enrichirait sur le dos des usagers de la route, sous prétexte de sécurité routière.

Flash. Les idées reçues ont la vie dure. L’insécurité routière n’est pas qu’un drame humain, c’est également un gouffre financier.

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Radar = racket ?!

D’après l’ANTAI (Agence Nationale du Traitement Automatisé des Infractions), les recettes des radars en 2012 s’élèveraient à près de 700 millions d’euros. Or ce montant est à relativiser, et doit être amoindri du coût de maintenance. Au final, les recettes nettes empochées par l’Etat représenteraient quelques 200 millions d’euros.

Radar = une goutte d’eau dans le coût de l’insécurité routière.

Il est assez difficile d’estimer le coût de l’insécurité routière. L’OMS, en 2000, évaluait ce coût entre 1 et 3% du Produit National Brut, du pays, soit entre 17 et 51 milliards pour la France. Le Quid, en 2005, l’estimait lui à environ 24,9 milliard d’euros. Alors que l’Observatoire National Interministériel de la sécurité routière approchait un chiffre de près de 9 milliards d’euros.

Rien de très précis, certes, mais il en résulte que le coût de cette insécurité routière est abyssal. En effet, il correspond aux coûts hospitaliers et de réadaptation des accidentés, aux pertes de productivité et de revenus de la victime et de ses proches qui doivent interrompre leurs activités pour la prendre en charge, etc.

Alors, certes, une contravention de 90 euros pour une infraction de vitesse dérisoire peut paraître injuste. En réalité, elle l’est moins puisque, d’une part, elle participe à combler le gouffre financier de l’insécurité routière, et d’autre part, contribue à diminuer encore le nombre de morts sur les routes.

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