L’euro baisse et prive les eurosceptiques de leurs arguments les plus forts

Depuis trois semaines, la monnaie unique a entamé un mouvement de baisse par rapport aux deux autres principales monnaies, le dollar et la livre sterling. A trois jours des élections européennes, tout se passe comme si les marchés venaient au secours des partisans de l’euro.

Depuis trois semaines, la monnaie unique a entamé un mouvement de baisse par rapport aux deux autres principales monnaies, le dollar et la livre sterling. A trois jours des élections européennes, tout se passe comme si les marchés venaient au secours des partisans de l’euro.

La monnaie unique est tombée à son plus bas niveau depuis six mois contre le dollar et le sterling. Insensiblement, le mouvement de baisse s’est accéléré depuis quinze jours au point où le prix de l’euro devrait permettre  à l’industrie européenne de restaurer sa compétitivité. Les plaisantins vont dire qu’Arnaud Montebourg aura été entendu. D’autres plus psycho rigides vont perdre leur bouc émissaire. Comment expliquer que tout ce qui nous arrive est de la faute de l’euro fort et de la banque centrale alors que tout change dans l’équilibre des monnaies ? Alors que l’euro baisse ? Tout le monde le demandait sans trop savoir pourquoi !

Le rééquilibrage s’opère en raison des politiques monétaires menées de part et d’autre de l’Atlantique. La Banque centrale européenne (BCE) n’a pas cessé de marteler sa volonté d’assouplir ses positions si les risques de désinflation de concrétisaient. Le président de la BCE, Mario Draghi a même annoncé des surprises lors le prochaine réunion. Du coup, les marchés ont considéré que les taux en Europe allaient encore baisser.

Parallèlement, la banque centrale américaine et la banque centrale d’Angleterre ont laissé entendre qu’ils allaient amorcer des mouvements inverses.

Le laxisme monétaire  a certes oxygéné les économies anglo-saxonnes, mais a surtout dopé les industries financières et le Dow-Jones. Du coup les américains et les anglais se préparent à mettre le pied sur le frein…et le dollar remonte.

Si le dollar remonte d’un côté, la livre anglaise aussi, l’euro de son côté baisse et va baisser encore.

Ce mouvement arrive à point nommé pour remettre dans le droit chemin une campagne européenne qui est partie dans tous les sens. Les marchés arrivent en fin de campagne et apporte un discours ultra simple.

Un, l’économie européenne ne fonctionne pas à cause de l’euro. C’est plutôt le contraire. L’euro ne fonctionne pas parce que les économies se sont pas gérées et solidaires.

Deux, on n’a pas besoin que Mario Draghi change de casquette. C’est lui qui a besoin que les pays européens se disciplinent et roulent à l’intérieur des clous d’un traité qui régit la vie en commun.

Trois, plutôt que de courir après les bouc émissaires faciles que sont l’euro, la BCE et la Commission européenne, mieux vaudrait commencer à nettoyer les économies de tous les conservatismes et corporatismes qui bloquent les réformes et au-delà mieux  vaudrait que « chacun finisse par ranger sa chambre ».