L’Europe à deux vitesses passe la troisième

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. En pleine tempête monétaire, les ministres de l’économie de l’UE se sont retrouvés ce soir à Bruxelles pour faire avancer les solutions à la crise.

Les marchés financiers sont d’ailleurs plutôt optimistes. On a un peu de mal à y croire. Comment voulez-vous que 27 ministres représentants des pays aussi différents comme la Slovénie, la Pologne ou bien l’Italie fassent autre chose que défendre leurs intérêts. Ces réunions sont cacophoniques. Officiellement, les ministres de l’ecofin se sont félicités des progrès réalisés en Grèce. Ils confirment que l’aide sera créditée vers le 15 décembre. Merci la langue de bois. Ils se sont aussi tous jurés que le FESF allait fonctionner. Sauf que personne ne veut payer. Re-bonjour la langue de bois.

On n’est pas sorti de l’auberge, mais il y aussi des rumeurs de reformes du fonctionnement de l’Europe. Elles n’étaient pas à l’ordre du jour mais tout le monde en a parlé dans les couloirs. Le scenario le plus probable porte sur la constitution à l’intérieur de l’Europe d’un club des pays AAA des pays riches et responsables : l’Allemagne, la France, l’Autriche, le Luxembourg, les Pays-bas et la Finlande. Cette zone homogène, où les états membres mettraient en commun leurs budgets et leur politique pourraient inspirer confiance aux marchés et  permettrait à la BCE de jouer son rôle.

Néanmoins, ce projet conçu par la France et l’Allemagne pose la question du reste de la zone Euro. Cela fait tout de même 11 pays dont l’Italie et l’Espagne qui font du forcing pour en faire partie. Plus grave, on ne sait pas ce que l’on fera des autres pays membres de l’UE des 27. Quant à tous ceux qui frappent à la porte, ils ont compris que ce n’était pas la bonne époque.