L’ultimatum de S&P à la zone euro

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. La menace de S&P n’a pas ébranlé les marchés financiers. En revanche, elle a secoué les responsables politiques qui vivent cette perspective comme un ultimatum.

Après l’annonce d’une mise sous surveillance négative des pays de la zone euro hier soir, les marchés financiers ne bougent pas parce qu’ils attendent de voir comment vont réagir les gouvernements. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel prennent cette annonce de S&P pour un ultimatum et ils ont raison.

Les États de la zone euro et notamment les six pays triple AAA sont confrontés à trois défis :

– Le premier, un resserrement du crédit lié aux risques de la dette souveraine, aux normes prudentielles et à la hausse des coûts.

– Le second défi, est lié à la difficulté des dirigeants à venir au secours d’un État malade. D’où la nécessité de revoir tout le mécanisme de solidarité et de mutualisation.

-Enfin le troisième défis, c’est celui du surendettement public.

Ces trois défis sont d’autant plus difficiles à relever que le risque de récession affecte tout le monde. La dégradation, ou la perspective de dégradation, traduit l’état d’une situation mais freine aussi le mécanisme de redressement. Ce qui est intéressant, c’est que l’agence Standard & Poor’s ne se contente pas de faire un diagnostic. L’agence dit que tout peut s’arranger à trois conditions.

La première c’est la reforme des traités et la mise en place d’une discipline. La seconde, c’est la coordination des gouvernements et la troisième, c’est que les politiques de désendettement ne devront pas étouffer l’activité. L’agence, prendra en compte ce qui sera décidé au sommet européen. D’où l’importance de ce sommet. Autrement dit, les dirigeants de la zone euro n’ont pas le choix.

On peut raconter ce qu’on veut sur les agences de notation, mais elles se comportent exactement comme des médecins. Elles prennent la température, la tension artérielle, elles font des analyses et vous  conseille de vous opérer, de changer d’hygiène de vie.

Vous faites ou vous ne faites pas : Banal et pauvre, Standard and Poor’s