La campagne pour les municipales révèle que les grandes villes françaises sont financièrement bien gérées avec une baisse d’impôts, sauf à Paris.

Quand l’endettement moyen des municipalités a augmenté, c’est parce que les villes ont financé des transferts de compétence et n’ont pas voulu augmenter la fiscalité pour payer leurs dépenses de fonctionnement. 

Les maires sortants ont quelques excuses. Quand ils se représentent, ils se font très souvent attaquer par leur opposition sur leur endettement jugé excessif et sans véritablement objectif très utile mais c’est de bonne guerre. On se permet tout et n’importe quoi en campagne électorale et les débats nationaux n’ont pas le monopole de l’exagération ou des fake news. 

Parce que les maires sortants n’ont pas à rougir de leur gestion. Surtout les maires des grandes villes qui sont très souvent les plus attaqués. 

L’Institut Montaigne, en partenariat avec les Echos, a passé au crible les finances publiques des métropoles françaises. Plus exactement les plus grandes villes :

Lille

Marseille 

Montpellier

Nantes 

Nice 

Paris 

Rennes 

Strasbourg 

Toulouse

De cet audit financier, il ressort que les grandes villes ont une situation saine et même en amélioration. Si on prend les chiffres de 2018 comparés aux exercices précédents, on constate que la crise de 2008 est passée par les grandes villes comme par les entreprises, mais les grandes villes ont redressé leur situation financière, quelle que soit leur couleur politique. Il n'y a pas de grosses différences entre une mairie de droite, du centre ou de gauche. Toutes sont plutôt inscrites à l’école du pragmatisme. La caractéristique majeure et partagée, c’est que toutes les villes ont joué de leur appartenance à une métropole. 

Alors, ça ne veut pas dire qu'elles soient toutes au diapason. Certaines villes affichent une dette globale en forte hausse parce qu’elles ont transféré des compétences à la métropole, sans pour autant transférer la dette correspondante. A Bordeaux, c’est l’inverse, la ville publie des résultats en nette amélioration avec des ratios budgétaires et financiers en équilibre, mais la métropole a vu ses indicateurs se dégrader. 

Cela dit, au-delà de ce jeu d’écriture, trois observations globales :

1. La dette des collectivités locales a été maitrisée entre 2014 et 2018. Cette dette a reflué de 20% à Nantes, Montpellier, Nice. A Toulouse, l’encours de la dette a doublé mais la municipalité n’avait contracté aucun nouveau crédit. La ville conserve une capacité de désendettement rapide. La dette de Toulouse par habitant est la plus faible des onze plus grandes villes, à 296 euros en moyenne.

 

2. C’est à Paris où l'encours des emprunts a le plus augmenté. La gestion de Mme Hidalgo a dû faire face à son programme d’investissement important (travaux de voierie). La municipalité a tout financé par emprunt plutôt que par l’impôt. 

La dette a augmenté de 61% entre 2014 et 2018. Le montant moyen de la dette par parisien est de 1200 euros (contre une moyenne nationale de 296 euros). 

 

3. Les frais de fonctionnement et notamment les dépenses de personnel baissent dans toutes les grandes villes et notamment à Montpellier et à Bordeaux (-20%), à Rennes (-18%) et à Nantes (-16). La ville de Nice fait exception puisque les dépenses de personnel ont augmenté de (13%).

 

4. Compte de tenu des endettements, il n’y a pas eu de flambée sur les impôts. Par habitant, entre 2014 et 2018 , les impôts ont augmenté à 

Nice (843 euros) +7,5%

Paris (816 euros) +2,1%, ce qui explique que Paris soit champion de la dépense et champion de la dette, la ville vit à crédit. 

Montpellier (702) +3%

Lyon (687)+9%

Nantes (669)+3,2%

Rennes (639) + 3,1%

Marseille (613) +14,6%

Strasbourg (589) +13%

Toulouse  (553) +17%

 

Les deux seules villes où l’impôt moyen par habitant a baissé sont 

Bordeaux (896) -5% et Lille (671) -1,3%.

 

Il faut dire que si l’impôt moyen a plutôt baissé dans les grandes villes, c’est étonnamment grâce à la démographie, plutôt bonne. La progression de la population au centre des villes et le transfert de dépenses vers la périphérie ont permis aux maires d’épargner leurs électeurs.