La crise du Covid a précipité les petites et moyennes entreprises dans le numérique et aucune ne le regrette.

Le numérique n’est plus vécu comme la bête noire pour les petites entreprises. La crise du Covid a non seulement accéléré la transition numérique des petites entreprises et moyennes entreprises, mais a complètement changé leur organisation et leur pratique quotidienne.

L’enquête a été menée par CREDOC pour la Direction Générale des Entreprises entre mars et avril 2021 sur 2 796 entreprises de 0 à 249 salariés. L’objectif était de mesurer l’ampleur et l’impact de la transformation digitale, en comparant des chiffres de janvier 2020 à ceux de 2021. La réponse est claire et nette  : le numérique s’est largement répandu dans le quotidien de ces entreprises et leur a permis de continuer leur activité pendant les périodes de restrictions sanitaires. Pour l’ensemble des entreprises, le changement est définitif. Aucun entrepreneur n’imagine un retour en arrière.

Le chiffre le plus impressionnant est celui des entreprises qui ont créé leur site internet ces derniers mois. Avant crise, elles étaient 37% à disposer d’un site internet présentant leurs activités (hors réseaux sociaux). Ce chiffre a doublé et aujourd’hui, 2 entreprises sur 3 sont présentes sur la toile avec leur propre site.

Mais au-delà du web comme moyen de communication, 27 % d’entre elles se sont mises au e-commerce, avec notamment un site proposant le paiement en ligne, contre 9 % avant la crise. La vente en ligne représente aujourd’hui en moyenne 18% du chiffre d’affaires de ces entreprises, et 20% vendent leurs propres produits et services sur leur site marchand.

Au total, 81% des entreprises ont au moins une solution de visibilité en ligne, ce qui peut aller de la simple page Facebook ou Instagram jusqu’au catalogue en ligne ou l’adoption d’une solution globale de e-commerce.

Les dirigeants de PME et TPE sont maintenant 78% à affirmer  que le numérique leur apporte  un bénéfice réel et financier.

Le 1er bénéfice le plus cité par les dirigeants est celui d’une meilleure communication avec les clients. Plus rapide et plus personnalisée et donc plus efficace.

Le 2e avantage, une visibilité accrue au-delà de leur clientèle. Pour se faire connaitre et apparaitre aux meilleures places dans les résultats de recherche, 29% des entreprises ont recours au référencement payant sur internet. Elles étaient 15% avant la crise.

Le 3e avantage cité porte sur la gestion d’entreprise. Plus rapide, plus sûre, plus efficace. Le digital permet aux dirigeants de mieux communiquer avec leurs collaborateurs et d’optimiser la logistique. Les entreprises ont beaucoup appris du télétravail, et 80% d’entre elles disposent au moins d’une solution numérique pour l’organisation du travail, principalement une messagerie instantanée ou un outil de comptabilité en réseau. 43% des entreprises ont aujourd’hui une plateforme d’échanges de documents en ligne entre collaborateurs, contre 17% avant la crise.

Maintenant, à quelles entreprises Internet profite-t-il le plus ? Sans surprise, le premier secteur impacté par le changement est celui de l’hôtellerie-restauration, suivi des entreprises du textile et de l’habillement. Fermés pendant de longs mois, les restaurants et les commerçants ont boosté leur visibilité et trouvé de nouveaux canaux de distribution. Le click and collect est maintenant ancré dans les habitudes des consommateurs et s’installe comme un complément incontournable de l’activité classique de la restauration en salle ou de la déambulation en magasin.

Les entreprises qui sont encore en retard dans l’utilisation du digital pour communiquer appartiennent au secteur de la construction, du bâtiment, des services financiers ou de l’industrie.

L’obstacle ou le frein le plus souvent cité par les entreprises réticentes à l’utilisation du numérique est dans la peur du piratage. Utiliser Internet pour gérer les données de son entreprise nécessite de les protéger et de les dupliquer, au cas où. La cyber sécurité représente désormais une préoccupation majeure et donc un coût supplémentaire pour les entreprises.

Enfin, les entreprises françaises ont l’impression qu’une partie importante de la valeur engendrée par la numérisation échappe le plus souvent aux entreprises françaises, et ce sont les GAFAM qui récoltent les fruits de cette digitalisation. Un problème de souveraineté auquel il faudra pouvoir remédier.

Source : Credoc - https://data.economie.gouv.fr/pages/barometre-france-num/liens-jdd