La démocratie française en pleine auto-destruction mais qui saurait encore la sauver ?

La démocratie est sérieusement en danger. D’abord parce que les hommes politiques se comportent mal, mais surtout parce qu’on ne sait pas faire fonctionner le système de la démocratie en période de crise. Les responsables politiques sont incapables, donc le système a tendance à s’autodétruire.

La démocratie est sérieusement en danger. D’abord parce que les hommes politiques se comportent mal, mais surtout parce qu’on ne sait pas faire fonctionner le système de la démocratie en période de crise. Les responsables politiques sont incapables, donc le système a tendance à s’autodétruire.

Les affaires qui pourrissent la vie politique française sont affligeantes. A droite comme à gauche. La presse allemande qui commentait les mésaventures judiciaires de Nicolas Sarkozy  était assez unanime pour indiquer qu’elles mesuraient une fois de plus la décadence du système politique français. Et de s’interroger sur les raisons qui font que les institutions mises en place par le général de Gaulle étaient ainsi dévoyées par ceux qui ont pour mission de les faire fonctionner.

Les raisons sont multiples. Elles ne sont pas spécifiques à la France. Les institutions allemandes apparaissent un peu plus équilibrantes, avec les contrepouvoirs qui stabilisent beaucoup les choses,  mais les hommes politiques allemands ne sont guère plus professionnels, transparents et rigoureux que les hommes politiques français. Il y a moins d’affaires en Allemagne qu’en France, mais il y en a aussi du même ordre.

La difficulté est ailleurs. Les hommes ne sont pas innocents, les systèmes ne sont pas neutres, mais disons clairement que les principes mêmes de la démocratie à laquelle nous sommes évidemment très attachés, ces principes-là ont du mal à s’appliquer en période de crise.

1e point : la démocratie, c’est le pouvoir du peuple. Un homme, une voix. La majorité gouverne. Alors, cette majorité peut être absolue (plus de 50%) ou relative … le scrutin peut être proportionnel ou de liste.. le principe de base demeure : Un homme, une voix et c’est celui qui obtient le plus de voix qui exerce le pouvoir.

2e point : Compte tenu de ce principe de base ultra simple, le mode d’accession au pouvoir va fonctionner comme un marché. Un marché politique ou les électeurs sont des clients à qui il faut offrir un projet qui leur convient et qu’ils vont supporter.

3e point , les homme politiques ont intérêt dans leurs programme à faire une offre politique qui correspond à leur clientèle politique… Allons plus loin, ils ont intérêt a séduire, et même à acheter des voix avec des promesses, beaucoup de promesses.

4e point, pendant les dernières cinquante années, les hommes politiques ont été capables de tenir les promesses qu’ils avaient fait pendant leurs campagnes. Ils avaient de quoi payer parce qu’il y avait de la croissance. Ils pouvaient emprunter parce que la croissance apportait de quoi rembourser.

Conclusion… on touche là aux limites de la démocratie en période de crise grave, comme c’est le cas depuis 2008. Les grandes démocraties n’ont plus les moyens de payer les promesses électorales que les candidats font pour être élus. Les hommes politiques sont très souvent en panne.

C’est le cas en France. Il faut être très courageux pour proposer un programme de réformes qui irait à l’encontre de son électorat. Il faudrait même être inconscient et suicidaire. La gauche française est dans ce cas. Elle doit changer de politique, mais si elle change vraiment, elle se suicide. Compte tenu de la situation aujourd hui, François Hollande a perdu tous ses électeurs. A-t-il pensé récupérer un électorat nouveau avec Manuel Valls… Peut-être. Mais ce n’est pas probant. Manuel Valls, pour tenir au pouvoir, est obligé de consentir des reculs , pour préserver le calme et sa majorité .

Résultat, il ne fait rien et perd son crédit. Non seulement à gauche (François hollande avait épuise tout ce qu’il restait) mais Manuel Valls est aussi en train de perdre les soutiens qu’il avait au centre et à droite.

Ce qui tue la gauche a également tué la droite républicaine qui a toujours fonctionné sur le même principe. On fait plaisir à son électeur pour être élu.

Le problème, c’est que les hommes politiques n’ont pas d’autre choix que d’accepter de programmer leur disparition. Valery Giscard d’Estaing a refusé de faire des concessions démagogiques en 1981, il a été battu. Mario Monti en Italie qui avait fait une politique de réforme et de rigueur a été ratatiné par les courants démagogiques. On verra si Matteo Renzi  qui est jeune et audacieux dans les reformes saura aller jusqu’au bout de ses réformes. Pour l’heure, sa gouvernance fondée sur la vérité des faits et des chiffres est supportée et soutenue par une majorité d’italiens.

Il est en France très difficile de trouver une majorité pour faire des reformes qui pourtant sont incontournables. Il faut s’adapter à la mondialisation, participer au jeu de la concurrence et promouvoir le progrès technologique. Tout cela inquiète les opinions publiques qui se protègent alors que tous ces mouvements sont porteurs de progrès, de richesses et d’emplois. A une condition, qu’on en accepte les contraintes et les reformes.

Notre paysage politique comporte aussi deux types de contradictions qui freinent les reformes.

La première est politique. La France est coupée en deux. Il y a la droite et la gauche. Mais chaque grande famille est elle-même coupée en deux. Il y à droite comme à gauche, des modernes et des conservateurs. Les modernes de droite sont incapables de s’entendre avec les modernes de gauche. Les conservateurs de droite sont incapables de s’entendre avec les conservateurs de gauche.  Résultats, pas de majorité possible pour défendre une ligne cohérente.