La feuille de route économique de François Hollande

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. François Hollande a détaillé un programme de réformes économiques pendant sa campagne. Comment va-t-il réaliser ce qu’il a promis et peut-il le faire ?

Les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent. Dans la feuille de route de François Hollande, on peut classer les projets de réforme en trois catégories.

Il y a d’abord les mesures urgentes qui peuvent être prise par décret dès le mois de mai : L’augmentation de l’allocation de rentrée scolaire (+25%), le doublement du plafond du livret A, la retraite à 60 ans pour ceux qui ont suffisamment cotisé, l’encadrement des rémunérations dans la fonction publique, le blocage des prix de l’essence. Il y a ensuite des mesures budgétaires et fiscales qui nécessitent une loi, donc une majorité au parlement : les niches fiscales plafonnées, l’annulation de la hausse de TVA, l’impôt sur les sociétés, l’ISF. Il y a enfin des reformes sociales qui passent par des accords entre les syndicats et le patronat : la politique de l’emploi des jeunes, le SMIC…

Donc sur le papier, le calendrier est calé. Reste que tout cela dépend de deux facteurs importants. D’une part, la renégociation du pacte budgétaire. La France a besoin de croissance or, ça ne se décrète pas dans une assemblée Européenne. On a la besoin de l’Allemagne et l’Allemagne a besoin de garantie pour cautionner des taux d’intérêt bas. D’autre part, ça dépend aussi de la situation économique L’équipe Hollande connait bien la musique et s’est réservé une possibilité de faire machine arrière en demandant un audit à la Cour des Comptes. Ce rapport pourrait bien révéler une situation économique et financière beaucoup plus grave que ce qu’ils avaient prévu. Donc la réalisation du programme est conditionné par deux phénomènes. Une conjoncture que l’on a peut-être surestimée et une collaboration avec l’Allemagne qu’il va falloir mériter.