La FNAC, en contrôlant Darty va devenir l’un des leader mondial du e-commerce

Quelle bagarre. La Fnac a réussi son coup de prendre le contrôle de Darty. Conforama a raté la partie. La Fnac peut devenir un leader mondial dans sa catégorie. La bataille entre la Fnac et Conforama pour mettre la main sur Darty s’est achevée hier soir par la victoire de la Fnac qui va détenir plus de 50 % du capital de l’enseigne numéro un de la distribution d’électroménager.

Quelle bagarre. La Fnac a réussi son coup de prendre le contrôle de Darty. Conforama a raté la partie. La Fnac peut devenir un leader mondial dans sa catégorie.
La bataille entre la Fnac et Conforama pour mettre la main sur Darty s’est achevée hier soir par la victoire de la Fnac qui va détenir plus de 50 % du capital de l’enseigne numéro un de la distribution d’électroménager.

Les héritiers des premiers intellos créateurs de la Fnac rentrent donc dans les arrières boutiques de ces anciens vendeurs de machine à laver des puces de St Ouen, Darty devenu une multinationale des produits blancs. Quelle révolution !

Conforama et son actionnaire sud-Africain avaient pourtant lancé une formidable OPE, une partie de poker pour acquérir un droit d’entrer sur les marchés développés de l’hémisphère nord et un droit de contrôle dans ces vieilles cathédrales que sont La Fnac et Darty.

Au final, la Fnac achète donc Darty pour 1,16 milliards d’euros, alors que son challenger a calé à 1 milliard (la somme que ne pouvait pas dépasser Conforama).

Pour la Fnac, c’était quitte ou double. Une question de vie ou de mort.

La Fnac a gagné et va pouvoir ajouter à ses 111 magasins en France et 73 à l’étranger, tout le potentiel de Darty soit 222 magasins en France et 178 à l’étranger.

Le nouveau groupe fera 7 milliards d’euros en chiffre d’affaires avec 27 000 salariés. La famille Pinault va rester le premier actionnaire du groupe et Vivendi, arrivé pour prêter main forte aux Français, sera le deuxième actionnaire.

De plus, cette opération fait du nouvel ensemble un grand du e-commerce puisque les sites internet de Darty et de la Fnac sont déjà parmi les plus puissants, directement dans la roue de celui qui a déjà bouleversé la distribution mondiale : Amazon. Avec un avantage sur le concurrent américain : ils ont déjà les show-rooms, les services de logistique, de livraison, et d’entretien.

Cette affaire restera un cas d’école pour trois raisons

1. Elle symbolise la résurrection de la Fnac. Autrefois glorieuse coopérative de cadres, cette centrale d’achat où se retrouvaient les intellectuels branchés s’était transformée progressivement en grande surface plus moderne mais classique. La Fnac a failli perdre son âme puis ses clients… Dans les années 2000, la Fnac n’avait plus d’identité forte. La révolution digitale lui a fait perdre une partie de son chiffre d’affaires avec le téléchargement. La Fnac a retrouvé ses clients sur Internet. Fnac et Darty, deux dinosaures du siècle dernier vont donc devenir des champions du commerce digital.

2. Cette affaire montre aussi que le développement passe non seulement par l’adaptation aux technologies mais aussi par la mondialisation. Si Darty et la Fnac étaient restés franco-français, ils seraient morts, étouffés par Amazon. En devenant multinationaux, ils peuvent affronter le vent du large et se battre.

3. Cette affaire marque le succès personnel d’Alexandre Bompard. Cet ancien dandy de la télévision (il était à Canal puis à Europe 1) est arrivé à la Fnac pratiquement pour en assurer la liquidation. Contre l’avis du tout Paris de « la banque et de la finance » mais avec l’appui fidèle de François Pinault, il a redressé la Fnac en retrouvant son ADN d’origine mais en la frottant aux contraintes des nouvelles technologies. Un produit culturel reste un produit culturel quel que soit son mode de distribution. C’est pourquoi la Fnac a survécu et a fini par gagner. Peut-être parce que son président Alexandre Bompard avait envie de se venger de ce « tout Paris qui compte et qui spécule ». Peut-être aussi parce que le personnel avait la conviction que la Fnac n’était pas une entreprise comme les autres.