La France, ennemi public numéro 1 de l’économie européenne

Pour le monde de l’économie, la semaine qui vient de s’achever a été épouvantable… Les marchés financiers se sont mis en alerte rouge, les indicateurs économiques ont décroché et le gouvernement français continue de ne pas vouloir reconnaître qu’il menace désormais l’Europe tout entière.

Pour le monde de l’économie, la semaine qui vient de s’achever a été épouvantable… Les marchés financiers se sont mis en alerte rouge, les indicateurs économiques ont décroché et le gouvernement français continue de ne pas vouloir reconnaître qu’il menace désormais l’Europe tout entière.

La situation que l’on traverse aujourd’hui est incroyablement dangereuse. Et franchement, elle ne peut pas encore durer très longtemps.

Cette semaine, tous les signaux d’alerte se sont allumés et clignotent au rouge. Les indicateurs conjoncturels très inquiétants se sont multipliés partout dans le monde, aux Etats-Unis, en Asie, et en Europe où le turbo allemand connaît quelques ratés. Les places financières ont donc dévissé sérieusement quand les investisseurs se sont aperçu que les économies réelles n’avaient pas profité des largesses monétaires. Le mini-krach auquel on assiste s’explique très logiquement par le sentiment que la bourse était montée trop haut, gonflée par les liquidités monétaires et qu’il fallait solder des positions qui devenaient trop risquées.

Ceux qui n’ont pas osé sauter du train pendant les vacances dernières ont perdu entre 10 et 20 % de leur patrimoine. Alors, Ils attendent, certes, lundi d’en savoir plus avec les résultats attendus des monstres de l’économie américaine, Apple, IBM, et plus tard General Electric… Ils se disent que les banques centrales peuvent remettre au pot pour endormir la douleur mais ça ne changera rien au fond.

L’économie mondiale est déséquilibrée depuis le début des années 2000. Ça s’est aggravé en 2009 et les leçons n’ont pas été tirées.

Donc l’accalmie, si accalmie il y a, ne changera pas la météo, qui va rester très maussade, notamment en Europe où c’est franchement la débandade. Parce que c’est l’Europe qui menace de tout faire sauter. Ça n’est ni New-York et ses traders, ni les pétroliers, ni les émergents qui sont coincés, c’est L’EUROPE.

L’Europe est aujourd’hui un concentré de mauvaises nouvelles : pas de croissance, pas d’investissements, pas d’emplois mais du chômage, de la dette publique et sociale, encore de la dette… Et l’impossibilité d’apporter des solutions techniques et politiques.

Pas de solutions techniques puisqu’on voit bien que les pays endettés n’ont engagé aucun processus sérieux de désendettement. C’est le cas de l’Italie et surtout de la France.

Vue des marché et vue de Bruxelles, la semaine française a été calamiteuse. Le projet de budget a été présenté au Parlement, avec beaucoup de courage Michel Sapin essaie d’en améliorer la présentation par une réduction du déficit mais personne n’est dupe. Personne n’y croit. Les signaux envoyés sont brouillés.

Quand Ségolène Royale cède aux lobbies des transporteurs en annulant purement et simplement la taxe carbone, on se dit que décidément ce gouvernement n’a aucun courage. Les corporatismes organisés ont pris le pouvoir. Quand la même ministre de l’environnement, pour faire oublier cette bourde budgétaire monumentale, annonce qu’elle va rendre les autoroutes gratuites le week-end, on tombe par terre, parce qu’’il n y a pas de décisions économiquement plus stupides pour engorger les routes et les autoroutes et bloquer le système… Pour nier aussi le fait que la France a le plus beau réseau autoroutier du monde et qu’elle le doit à une politique de financement assez habile qu’on va donc essayer de démembrer. Décidément la démagogie a la peau dure.

Quand Emmanuel Macron annonce cette semaine qu’il a diagnostiqué les trois maladies dont souffre le pays : la défiance, la complexité, le corporatisme, on se dit « bravo » ! En dépit de son jeune âge il a donc lu tous les rapports qui ont été faits depuis 20 ans. Un membre du gouvernement a enfin décidé de n’être ni de droite ni de gauche mais efficace… Donc on attend… Quand il propose d’autoriser les ouvertures de magasins le dimanche, on se dit « enfin » ! Quand il annonce la libération du transport de voyageurs par autocar, on se dit que c’est historique. L’Europe tout entière en autocar était possible pour tout le monde sauf les Français obligés de voyager en TGV, enfin ceux qui en ont les moyens… Donc tout peut changer.

Tout peut changer sauf que probablement la majorité de gauche ne laissera pas faire ces débuts de réformes qui permettraient à l’économie de commencer à respirer.

La gauche va mettre des conditions draconiennes à l’ouverture des magasins le dimanche. Quant au transport par autocars, elle ne comprend pas qu’on autorise un moyen de transport économique qui sera fréquenté par les « pauvres ». Quelle horreur !!!

Eh oui, au moins les jeunes, les seniors et ceux qui ne peuvent se payer le train ou l’avion pourront voyager… C’est plutôt intelligent comme projet et ça pourrait créer de la croissance très vite.

Quand il y a de telles résistances, on se dit que la France ne réussira jamais à réduire ses dépenses publiques, ni a réduire ses impôts, ni à se moderniser.. Faudra-t-il attendre comme en 1968 que les jeunes et les moins jeunes fassent craquer les vieilles structures ?

Cette semaine, la France s’est donc posée en leader des pays du Sud, ceux qui ne réussissent pas à se désendetter. Mais comme cette dette est garantie par les pays du Nord, l’Allemagne en tête, le fossé entre les pays du Nord et ceux du Sud se creuse de plus en plus et menace de faire éclater l’euro, ce dont tout le monde parle mais dont personne ne veut vraiment. Le Nord a besoin de l’euro, le Sud a besoin des financements du Nord.

L’Europe est en train d’exploser sous nos yeux. Alors qu’elle a un nouveau Parlement, alors que la Banque centrale fait tout pour éviter l’asphyxie, et Mario Draghi a bien du mérite, l’Europe n’a jamais paru aussi faible, aussi démunie, et aussi impuissante. Aussi peu gouvernée, sans aucune ambition, ni vision, ni perspective. La génération Erasmus est atterrée et n’a qu’une solution, émigrer en Amérique, en Asie ou en Australie ; ce qu’elle fait massivement.

L’Europe est en train d’exploser et la France qui n’a pas un sou, pour financer sa dette, pas une once d’énergie politique pour s’adapter et se réformer, n’avait qu’une solution : prendre l’initiative d’une réforme des institutions.

L’Europe a besoin de politiques économiques convergentes, l’Europe a besoin d’une gouvernance cohérente de la zone euro, l’Europe a besoin de garanties pour organiser des politiques budgétaires et fiscales responsables. Politiquement, François Hollande l’enfant légitime de Jacques Delors était en position pour demander une grande négociation avec les Allemands. Une négociation. Pas un rapport conflictuel pour faire plaisir à tous ceux qui tombent dans le populisme et le souverainisme obtus.

Une négociation pour sortir de la crise. Comme l’avait fait Valéry Giscard d’Estaing en 1974 au lendemain de la crise pétrolière. Comme a fait François Mitterrand en 1982 pour se sortir du piège du programme commun qui le conduisait a la faillite.

Que de temps perdu ! La gouvernance française occupe Bruxelles avec des réformettes qui pourraient annoncer une vraie prise de conscience, mais en réalité, elle gagne du temps, en se disant que le pire n’est jamais certain. Sans doute, mais ça dépend pour qui… En France, il y a aujourd’hui plus de 3 millions de personnes qui n’ont pas de travail depuis plus d’un an… Et 8 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. On ne pourra plus distribuer de richesses. L’urgence c’est d’en créer. On sait comment créer de la richesse. Il suffirait de faire confiance à ceux qui savent créer cette richesse : les entrepreneurs. Ne pas dire seulement qu’on les aime, en français, en anglais ou en allemand… Il faut les laisser circuler, travailler et respirer.