La fusion Areva-EDF au centre de la scène du théâtre politique

Emmanuel Macron n’est pas favorable à une fusion entre Areva et EDF pour éponger les pertes d’Areva. Ségolène Royal, la ministre de l’Ecologie, elle, n’est pas contre. C’est évidemment elle qui aura raison car c’est la seule solution pour sauver Areva sans ponctionner le budget de l’Etat.

Le gouvernement Valls et les responsables du Parti socialiste nous ont encore administré une analyse de l’économie qui prouve qu’ils n’ont pas d’autre stratégie, et surtout très peu de connaissance de la réalité profonde des entreprises. A moins qu’ils sachent exactement ce qu’il faut faire mais qu’ils n’osent pas l’annoncer. Ils ont inventé un scénario qui relève du théâtre le plus sophistiqué et machiavélique.

Le Groupe Areva est aujourd’hui dans une situation catastrophique. Plus de 5 milliards d’euros  perdus, ça fait désordre dans l’analyse de ce patrimoine sur lequel nous  vivons avec une électricité pas chère.

Le problème, c’est que depuis cette époque où la France était dirigée et savait où elle allait, il a coulé beaucoup d’eau sous les ponts. Les gouvernements successifs ont mis à la tête d’Areva et d’EDF leurs amis. Les bénéficiaires avaient donc une stratégie de pouvoir laissant aux technostructures le soin de déterminer le mode de gestion et de développement. Les deux amis n’avaient aucun intérêt à collaborer. Les deux technostructures n’avaient aucun intérêt à se rapprocher.

Les dirigeants que Francois Hollande a nommés ne sont pas ses amis, ni ceux du PS. Ce sont des technocrates hyper-compétents en matière de management. Jean-Bernard Levy, chez EDF, s’est fait connaitre comme directeur de cabinet de Gérard Longuet. Philippe Varin, pour Areva, s’est taillé la réputation de cost-killer chez Peugeot, qui lui doit une partie des conditions de son redressement.

Le Président n’a aucun état d’âme pour leur demander de faire ce que l’Etat veut qu’il fasse. François Hollande a donc demandé aux deux présidents de dire la vérité, puis de trouver une solution. La vérité est sortie : Areva est dans une situation proche d’un champs de ruines.

On ne va pas chercher les coupables tout de suite, il y a eu des erreurs et une conjoncture que l’on n’a pas vu venir, mais on verra cela plus tard avec Mme Lauvergeon. La vérité à EDF, c’est qu’il faudra augmenter les tarifs de l’électricité si on veut rester au niveau international en équipement et en investissements.

La solution est très simple. Areva a besoin d’argent, l’Etat n’en a pas. Pas question d’aller en Chine ou au Qatar. On ira donc à EDF qui est très riche, coté en bourse, mais dont l’Etat possède encore plus de 80 % du capital.

Selon le vieux principe des vases communicants, on transfèrera de l’argent d’EDF à Areva. Selon le vieux principe de l’épicier, c’est celui qui paie qui commande. EDF paiera et commandera l’ensemble ce qui est d’une logique industrielle incontournable. La guerre entre les deux entreprises est finie.

Les deux dirigeants n’auront rien à dire parce qu’il n’y a pas d’autres solutions économiques et financières. Le mur de la réalité est là.

Le problème, c’est que pour un gouvernement de gauche ça revient à organiser un affaiblissement d’EDF. Ou même à élargir la part de son capital coté en bourse, bref pour des socialistes pur jus, c’est une  horreur !

Emmanuel Macron, qui a fait sa notoriété sur des concepts libéraux est donc chargé de nier tout projet de rapprochement entre Areva et EDF. Cela va lui permettre de passer pour une homme de gauche à la veille des élections départementales dont il sera accusé d’avoir participé à l’échec.

Ségolène Royal va quant à elle se charger de démontrer que la seule solution c’est la fusion. Ce qui lui permet en plus de se payer les écologistes qui seraient partisans de tout démolir et de s’éclairer à la bougie.

Le théâtre politique s’est donc découvert un nouveau psychodrame dont l’auteur est Francois Hollande, avec des acteurs de qualité. En attendant, comme l’histoire des autoroutes, on avance guère. On fait des bêtises et à chaque fois la facture s’allonge. Incroyable mais vrai comme on dit au cirque du soleil. Mais là, ce n’est pas du cirque, c’est la vraie vie avec des électeurs, des contribuables