La fusion PSA-Opel fait l’unanimité ou presque et c'est justifié

En général, les mariages d’entreprises soulèvent un flot de critiques. Dans le cas de PSA-Opel tout le monde est d’accord. Bizarre ? non !

Le mariage entre PSA-Opel, a donc été annoncé officiellement, et le contrat qui va sceller les conditions de cette union n’a soulevé aucune critique forte. Tout le monde est d’accord. Les gouvernements consentent en France, en Allemagne, en Grande Bretagne et même aux USA où siège la société mère de Opel, les syndicats ne font pas d’objections et les milieux boursiers ont salué l'évènement avec un rare enthousiasme. 

Faut dire que sur le papier, Carlos Tavares a fait preuve d’une rare habileté. Pour l'instant, il n’a pas fait de faute. Il a communiqué correctement auprès des parties prenantes, les syndicats, les actionnaires, les gouvernements. Il n’a joué ni les matamores, ni les égos un peu gonflés , dans un secteur où les dirigeants ont quand même l’habitude agaçante de se comparer de façon un peu trop narcissique. Il l’a joué technique et profil bas.

Sur le plan économique, ça tient la route. Le groupe PSA rachète la filiale européenne de General Motors, 1,3 milliards d’euros auxquels il faut rajouter 50% des actifs financiers d’Opel, c’est à dire la filiale financière qui gère les ventes à crédit et les locations longue durée, ce qui représente au total 1,750 milliards d’euros.

Toujours sur le plan économique, PSA redevient le 2e constructeur européen derrière le groupe Volkswagen avec au total plus de 4 millions de véhicules et 70 milliards de chiffre d’affaires.

Quand on sait, l’état dans lequel était le groupe PSA, il y a encore 4 ans, on mesure le chemin parcouru pour revenir au premier rang. Alors le groupe a bénéficié d’une conjoncture très favorable, mais tous les constructeurs ont profité de ce climat. Ce qui est étonnant, c’est que le mariage d’une famille qui était très blessée, de l’Etat français qui est arrivé pour permettre l'arrivée d’un actionnaire chinois, ce qui est étonnant c’est que cet attelage a très bien fonctionné, drivé par deux hommes pourtant très différents. Louis Gallois, un homme de réseau respecté par tout le monde pour son intégrité et son expérience et Carlos Tavares, ingénieur industriel, formé à l'école de Carlos Ghosn chez Renault 

Alors a priori, le groupe PSA va réussir à entrer dans le club très fermé des plus grands constructeurs du monde. Sauf qu'il lui reste encore beaucoup de route à parcourir si on estime que la taille critique pour participer au jeu mondial se situe à 10 Millions de véhicules par an, ce qui est le cas de l'alliance Nissan-Renault, de Volkswagen ou de Toyota.

Il lui reste aussi à rebooter Opel qui perd de l'argent depuis 15 ans et dont le modèle n'est pas performant. Ce qui explique d’ailleurs que General Motors ait accepté de s'en séparer.

Ceci dit, quand on scrute les défis que PSA doit relever, on comprend mieux l’intérêt de s’être rapprocher de Opel.

Le groupe PSA-Opel va se retrouver numéro 2 en Europe, mais sans doute trop européen c’est à dire trop dépendant des marchés occidentaux, puisque plus de 75% de son chiffres d’affaires sera réalisé en Europe. Alors la présence d’Opel en Grande Bretagne grâce à la filiale Vauxhall, va donner au groupe une implantation britannique qui lui permettra de protéger ses intérêts d’Angleterre en cas de Brexit qui couperait les ponts.

Mais cette puissance en Europe n'exonère pas PSA et Opel de pousser ses cartes à l'international ? C’est le grand défi pour PSA. Avec deux atouts,

1. Les actifs industriels et les partenariats noués en Chine
2. L’image très allemande de Opel qui permet de séduire plus vite et plus fort les clientèles asiatiques.