La gauche découvre les vertus morales du capitalisme‏

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Pierre-Henri Gourgeon, l’ancien directeur général d’Air-France va donc être obligé de rendre sa prime de 400.000 euros sous la pression de l’Etat. Le PDG de Safran, Jean-Paul Herteman, pourrait être lui aussi obligé de renoncer à un parachute doré et à une retraite chapeau. Est-ce que l’Etat peut ainsi intervenir dans le contrôle des rémunérations ?

Il y a plusieurs cas de figures. Dans les entreprises publiques, entièrement contrôlées par l’Etat, c’est le gouvernement qui fixe les rémunérations. Dans les entreprises privées, ce sont ceux qui détiennent la majorité du capital qui décident de la rémunération du dirigeant. Donc si l’Etat détient plus de 50% du capital, il fait ce qu’il veut. Dans les entreprises sans contrôle du gouvernement, ce sont les actionnaires qui décident. Aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, on assiste à une révolte des actionnaires contre les rémunérations indécentes de certains PDG. Les actionnaires français sont encore un peu endormis et surtout mal organisés.

Dans le cas d’Air-France, Pierre Moscovici, le ministre de l’Economie, n’a pas pris de décision. Il a invité les actionnaires à refuser la prime. Les représentants de l’Etat au conseil d’administration avaient approuvé la prime. Pierre Moscovici a eu mille fois raison. Cette prime était une atteinte à la morale compte tenu de l’état dans lequel se trouve Air-France. Même raisonnement chez Safran, une entreprise dont l’Etat possède 30% des parts où le PDG va se voir refuser le parachute doré et la retraite chapeau.

On peut d’ailleurs se demander si Pierre Moscovici va suggérer à Anne Lauvergeon, ex-présidente d’Areva et ex-conseillère de François Mitterrand de rendre sa prime de départ de 1,5 millions d’euros. La gauche à découvert les vertus de la démocratie capitaliste. Elle va utiliser le système et elle à mille fois raisons.