La Grèce au bord du chaos

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Les négociations en Grèce n’en finissent pas. A tel point que l’on n’y comprend plus rien et que ça n’a plus l’air d’inquiéter les Européens.


Ce qui se passe en Grèce est invraisemblable. On a demandé à ce pays des efforts et des sacrifices colossaux. Le gouvernement les a acceptés mais il n’est pas capable d’apporter la garantie politique que ces efforts seront appliqués. Du coup les Européens hésitent et refusent de mettre l’argent à la disposition des Grecs. Ce qui est surprenant, c’est que l’on sait que les Grecs vont avoir besoin de cet argent. S’ils ne l’ont pas au 20 mars, c’est la faillite. Pourtant, cette sombre perspective n’inquiète plus personne.

Il y a deux mois, on pensait que ce serait la catastrophe. Aujourd’hui on estime que ça ne sera pas grave. Pourquoi ? Tout simplement parce que les responsables économiques et financiers estiment aujourd’hui qu’il n’y a plus de risque systémique. C’est- à-dire que la Grèce peut sortir de l’euro ou faire faillite, il n’y aura pas de contagion. Plus important encore, on estime que l’on va sans doute pouvoir échapper à la récession. Les résultats d’entreprises et les perspectives 2012 sont bons. Ce retour de confiance, c’est le résultat du sommet européen de décembre.  C’est à ce sommet que le couple franco-allemand a imposé une réforme de la gouvernance économique. C’est à ce sommet que l’on a compris que la BCE de Mario Draghi ferait tout pour apporter de la liquidité au système.

La Grèce n’inquiète plus. Le scénario le plus probable maintenant, c’est que la Grèce va sortir de l’euro. Sa monnaie dévaluera dans des proportions considérables (50% ou 60%) par rapport à l’euro, ce qui écrasera ses dettes.