La Grèce joue avec les nerfs de la zone euro

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Les négociations pour aboutir à un nouveau plan de sauvetage en Grèce ont à nouveau échoué.


Ils devaient s’entendre la semaine dernière, puis dimanche, puis hier soir. À présent les Grecs promettent de réussir avant le 13 février. Pour les membres de la zone euro, ces reports incessants sont insupportables. Bruxelles voudrait aboutir avant le sommet européen du 30 janvier.


Double négociation

Si ça bloque, c’est parce que les enjeux sont considérables et qu’il y a deux négociations. La première porte sur le plan de sauvetage immédiat de la Grèce. Pour alléger son fardeau, la Grèce avait demandé d’être dispensée de ne pas payer la totalité de sa dette. Les pays de la zone euro avaient obtenu des banques qu’elles abandonnent  50% de leurs créances. Elles avaient accepté de s’assoir dessus. Et puis, en cours de négociation, les Grecs ont dit que ça n’était pas suffisant. Dimanche, ils ont pratiquement arraché une décote de 70%. Puis dimanche soir, les Grecs ont demandé à ce que les taux d’intérêt sur les 30%  restants soient abaissés de 4% à 2%.  Parallèlement à cela, il y a une deuxième négociation qui porte sur les aides que peuvent apporter l’Europe et le FMI. Ça représente plus de 130 milliards. Très logiquement, Bruxelles, la BCE et le FMI ont demandé des conditions : une surveillance des budgets, une mise en place des impôts. Problème, les Grecs n’ont pratiquement rien appliqué de ce qu’ils devaient appliquer. Donc, ce n’est pas acceptable. Les ministres de la zone euro veulent désormais un engagement écrit des partis politiques à mettre en œuvre les réformes promises. Les deux négociations sont liées. Soit les banques font un effort, soit ce sont les états qui sont obligés de financer davantage.

Vers une faillite de la Grèce ?

Au début du mois de mars, la Grèce aura besoin de 14,4 milliards d’euros. Ou la négociation aboutit et elle peut payer, ou la négociation n’aboutit pas et la Grèce se met en défaut de paiement.

À partir de ce moment, tout le monde est planté. Si la Grèce fait faillite, les créanciers vont faire jouer les assurances qu’ils ont souscrits. Les fameux CDS qui atteignent la somme de 300 milliards d’euros. La Grèce sait qu’elle a une bombe à retardement dans les mains et que personne n’a intérêt à la laisser tomber.