La performance des entreprises du CAC 40 traduit la reprise de l’économie mais n’apporte aucune garantie pour le reste de l’économie et pour l’emploi.

Tout va bien ou presque, la reprise de l’économie est bien là. La meilleure preuve : les entreprises du CAC 40 ont réalisé un premier semestre 2017 exceptionnel en termes d’activité et de résultats. Mais ces performances sont réservées aux grandes entreprises internationales. Le reste, ça patine.

 

Le premier semestre de l’année 2017 restera dans les annales du monde des affaires comme un des meilleurs crus, en termes d’activité et de résultats pour les grandes entreprises du CAC 40.

Le tiercé gagnant des entreprises du CAC 40 ressort avec des progressions de résultats d’exploitation supérieures à 200% pour le premier semestre de l’année 2017.

1°Le gagnant est Lafarge-Holcim, le géant franco-suisse du ciment et des matériaux de construction, qui réalise sans doute une des meilleures performances de son histoire avec une progression de ses bénéfices de 245 %. Cette progression insolente est expliquée par une meilleur maitrise de ses coûts de production, due à la récente fusion des deux acteurs, une amélioration de son organisation et une prise en compte de la reprise forte dans les pays émergents du secteur de la construction et des travaux publics. Le bilan est simplement entaché par le rôle supposé du groupe en Syrie.

2° Le numéro 2 de ce hit parade des bénéfices est Arcelor-Mittal avec une progression de ses résultats de 234%, liée au redressement de tous ses marchés. Dans les pays émergents et surtout en Europe.

3°Le numéro 3, Sanofi Aventis, avec 200 % d’augmentation de ses profits. Ses spécialisations dans les vaccins et les traitements de la sclérose en plaque ont mis Sanofi en pole position des grands laboratoires mondiaux.

 

La plupart des entreprises du CAC 40 n‘ont pas fait de performances aussi insolentes, mais toutes sortent du premier semestre en position structurelle renforcée. Kering, Safran font près de 80 % de progression de leurs résultats. Renault, 60% de mieux. L’Oréal, Solvay, Crédit agricole, Total réalisent plus de 30% de plus que l’année précédente.

 

Les explications sont simples : ces entreprises très positionnées à l’étranger ont profité à plein de la conjoncture mondiale, de la synergie interne et d’une amélioration de leurs structures de coûts.

Le problème, c’est que ce bilan ne garantit pas la pérennité de ces résultats. La majorité des entreprises sont beaucoup plus prudentes pour le prochain semestre et par conséquent, pour l’année prochaine.

Par ailleurs, l’excellence de cette conjoncture ne se retrouve pas dans les entreprises plus petites et particulièrement dans celles dont le périmètre d’activité se limite au marché national. Les PME trouvent leur salut si elles exportent au moins la moitié de leur production, sinon elles stagnent, ce qui explique que l’emploi ne progresse guère. Le chômage ne se creuse pas ; mais il ne se dissout pas pour autant.

La leçon que donne les grands groupes comme les PME performantes, c’est qu’il n’y a d’avenir que dans l’exportation ou dans l‘activité délocalisée à l’extérieur. Il faut aller chercher la croissance à l’étranger.

Mais pour capter cette croissance à l’extérieur, il ne s’agit pas de vendre moins cher. Il s’agit essentiellement de vendre ce que les autres ne sont pas capables de fournir. De la technologie, de la valeur ajoutée, du luxe ou une histoire.

La croissance et l'emploi dépendent de la compétitivité et cette compétitivité ne peut être que hors coût, c’est à dire au niveau de la qualité.

Beaucoup de pays dans le monde sont capables de produire des biens et des services moins chers.

Toute la question est d’être plus rare, plus innovant et plus original.  C’est évidemment le modèle des grands groupes du CAC 40 comme celui des PME les plus dynamiques.