La perte du triple A booste le CAC 40

L’analyse de Jean-Marc Sylvestre. 4%, c’est la reprise des marchés boursiers sur la semaine. On a repris près de 6% depuis le début de l’année avec les bancaires qui ont progressé de 15% à 20 % en moyenne.

Le week-end dernier on était à la veille de l’apocalypse et au cœur d’un psychodrame politique. Et aujourd’hui, c’est l’envolée. Disons-le, il y a eu beaucoup d’exagérations la semaine dernière de la part de la classe politique. On ne va donc pas tomber dans l’excès inverse : les problèmes ne sont pas réglés et l’Europe n’est pas sortie de la crise mais nous sommes revenus à une réalité plus équilibrée qui était en germe depuis quelques semaines.

1er point, les banques ont retrouvé de la confiance et du coup elle remette dans le circuit les liquidités qu’elles ont emprunté à la banque centrale. Ces liquidités sont massives, elles servent à racheter de la dette et à financer l’économie. D’où le retour au calme sur les taux et la reprise de la bourse. C’est ce qu’on appelle le Sarkotrade, parce que c’est Sarkozy qui a, sur ce point, violé les Allemands et amené la BCE à faire le job que les traités ne lui permettaient pas de faire.

2e point, les reformes de la gouvernance européenne sont en train de s’écrire contrairement à la rumeur qui parlait d’abandon. La discipline budgétaire, la surveillance, les sanctions, bref un début de convergence.

3e point, tout le monde a compris la nécessité de ne pas étrangler les économies par des excès d’austérité. Il faut donc de la croissance mais comme cette croissance ne peut pas être dopée à la dépense publique, il faut réanimer le privé d’où les reformes de fond qui se prépare partout dans le monde. Le meilleur exemple aujourd’hui, c’est l’Italie et peut-être la Grèce.

Une fois de plus la peur de la crise brandie par Standard and Poor’s a accéléré une prise de conscience. Pour un peu, on en viendrait presque à espérer une nouvelle dégradation ! Vous avez aimé la perte du triple A ? Vous aimerez le double B…