La perte du triple A change les plans du sommet social

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Mercredi, se tiendra à l’Elysée le sommet social promis par Nicolas Sarkozy. Il réunira les partenaires sociaux et membres du gouvernement. Mais après la perte du triple A vendredi, les questions abordées pourraient bien être différentes.


La décision de Standard and Poor’s de dégrader la plupart des pays européens n’a pas eu d’impact économique très spectaculaire. Mais elle a quand même provoqué un électrochoc politique et médiatique qui aura permis une prise de conscience dans les opinions publiques : Celle d’accepter des changements douloureux. Du coup, et qu’on le veuille ou non, les diagnostics formulés vont impacter le sommet social et, au-delà, les programmes politiques.

La gouvernance européenne.

Si la zone euro est malade, c’est que cette gouvernance va dans tous les sens. Pour corriger cela, il faut organiser des convergences. Les syndicats salariés et patronaux vont être instamment invités,  lors de ce sommet, à regarder à la loupe ce qui s’est passé en Allemagne. Parce qu’en Allemagne, il n’y a pas eu seulement des modérations salariales, il y a aussi une véritable co-gouvernance des entreprises.

Réduire les déficits et faire de la croissance.

Réduire les déficits publics et sociaux, ça ne passe pas seulement par des augmentations d’impôts. Ca passe aussi par des réductions de dépenses. Une fois de plus, on va regarder tout cela à la loupe. Faire de la croissance, c’est de loin le point le plus important parce que tout le monde est presque d’accord pour dire que cette croissance dépend d’une amélioration de la compétitivité. Et pour améliorer cette compétitivité, il faut actionner deux outils.

Premier outil, la réduction du coût du travail, donc, la baisse des charges. Tout le débat est de savoir à qui profitera la baisse des charges. Si on veut faire de la compétitivité, et pas de démagogie, il faudra baisser les charges patronales. Deuxième outil, la flexibilité. Le projet consisterait à autoriser les entreprises à baisser les salaires et les heures travaillées en cas de baisse d’activité. Bref, il s’agirait de généraliser le chômage partiel.

Sur ces deux dossiers, il n’y a pas tellement de divergences ou d’oppositions syndicales. Les clivages sont beaucoup plus politiques. Entre la droite et la gauche, bien sûr, mais aussi à l’intérieur même des grandes familles politiques, et c’est ça qui complique tout.

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