La politique d’offre ne marche pas : ce qui plombe la gauche et gêne la droite

Le Gouvernement se gausse d’une amélioration des comptes de la maison France, mais oublie que cela n’engendre aucun progrès.

Le problème du couple exécutif est très simple. Les résultats semblent indiquer que le malade serait en voie d’amélioration, mais le malade en question est incapable de gambader comme ses copains de la classe européenne. Croissance faible et emploi nul, donc chômage de plus en plus gravissime, ce qui semble n’inquiéter personne, sauf une partie des chômeurs qui désespèrent de s’en sortir.

Voilà pour la situation, qui signifie deux choses.

1) L’amélioration du déficit est meilleure que prévue mais factice. Elle est imputable à deux choses, dont le Gouvernement n’est pas responsable. D’un côté, les financements d’investissement ont été gommés ou bloqués et ce sont les collectivités locales qui ont fait les frais des économies de dépenses publiques. De l’autre, le coût de la dette publique a été diminué grâce aux taux d’intérêt qui ont été écrasés par la Banque centrale européenne. Merci Mario !

En fait, le seul mérite du Gouvernement aura été de refiler aux maires et aux présidents de département la tâche d’expliquer et de gérer la pénurie. C’est la raison pour laquelle ils sont en colère. Ajoutons à cela que par ailleurs, l’administration du Trésor a magnifiquement optimisé le coût des emprunts en restructurant et en allongeant la dette publique.

Avec la garantie de l’Allemagne, d’où la propension à faire les yeux doux à Angela Merkel sauf pour Manuel Valls, qui en oubliant qu’elle payait nos factures, a failli coûter extrêmement cher à la France en se mettant à critiquer la chancelière qui n’avait pas besoin de leçons, y compris du Premier ministre français. Mais passons, parce que c’est du passé !

La réalité, c’est que ce redressement va permettre au Président de faire le beau à Bruxelles mais n’annonce nullement de restructuration en profondeur des dépenses publiques.

2) Cette amélioration de façade signifie que le Gouvernement, qui est à 13 mois de la présidentielle, est complètement planté. Rien de ce qu’il a entrepris n’a marché. Rien de rien.

Dans la première moitié du quinquennat, le président de la République, croyant respecter les promesses de campagne, s’était laissé aller à une politique de la demande pour faire plaisir à sa gauche, et il l’a financé en augmentant la pression fiscale. Quelle erreur ! Il a raté sa cible. Economiquement, il a matraqué ceux qui paient l’impôt et qui sont aussi ceux qui investissent et créent des emplois. Donc il se sont asphyxiés ou sont partis exercer leurs talents ailleurs.

Du coup, la situation s’est dégradée et la gauche de la gauche a accusé le Président de ne pas en avoir fait assez dans le dirigisme d’Etat.

Dans la deuxième partie du quinquennat, il a écarté Jean-Marc Ayrault et appelé Manuel Valls pour essayer une politique d’offre. On renverse la vapeur pour développer une politique d’offre et de compétitivité. On change la musique pour qu’elle plaise au patronat et on change les paroles en écrivant l’ordonnance du CICE, c’est-à-dire un transfert d’argent vers les entreprises. Musique d’Emmanuel Macron, paroles de Louis Gallois sur des arrangements de Manuel valls. Cette politique-là a sûrement limité les dégâts mais n’a pas redressé la situation.

A priori, rien de ce qu’a entrepris le Président sur le front de l’économie n’a donné de résultats. Rien, pas plus la politique de la demande que la politique de l’offre. Alors que la BCE avait pris en charge le financement de ces usines à gaz.

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Le problème dans ce désastre, c’est que ça ne fait pas les affaires de la droite. Pour deux raisons :

1) Elle ne peut opter ni pour une relance par la demande, ni pour un soutien à l’offre. Parce qu’elle aura toujours dans ses rangs un candidat à la primaire ou pas, pour expliquer que ça ne marchera pas. Chaque camp a les frondeurs qu’il mérite. Ceci dit, la droite ne peut pas prescrire une médecine qui a échoué.

La seule solution pour un candidat de la droite qui voudrait ne pas s’enfermer dans une alternative offre ou demande, c’est de proposer une politique de réformes très radicales. Dans la gestion du budget comme dans la politique de développement. On peut évidemment retenir que le Gouvernement précédent aura tout essayé mais à moitié seulement.

2) La droite va donc se retrouver obligée de terminer le travail à peine commencé. Si elle opte pour une relance de la demande, il va falloir mettre le paquet et prier le ciel de Berlin que les conditions monétaires restent ce qu’elles sont encore quelques années… ou alors, ce qui sera plus courageux, qu’elle choisisse une logique libérale en conjuguant une politique de rigueur et une dérèglementation des initiatives.

On en parle beaucoup dans les rangs de l’opposition, mais on ne s’y prépare pas trop.

Les Républicains vont aujourd’hui décider de s’engager sur un plan d’économies de 100 milliards sur l’ensemble du budget à 5 ans. Il leur faudra aussi s’accorder sur les modalité pratiques de réaliser un tel objectif.