Le bénéfice très politique de la SNCF

La SNCF annonce un bénéfice en chute libre de 82% à 125 millions d’euros en raison d’une dépréciation d’actifs. Qu’est ce que ça veut dire ?

Dans cette information, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c’est que la SNCF fait des bénéfices. La mauvaise, c’est qu’elle n’en dégage pas assez pour entretenir et renouveler son matériel notamment le TGV : le parc est de plus en plus vieillissant. Résultat, Guillaume Pépy n’a pas d’autres choix que de faire des petits arrangements comptables pour investir. Il faut savoir que le bénéfice net dans une entreprise est très politique. Un patron  a une marge de liberté pour arrêter le bénéfice. Aujourd’hui, Guillaume Pepy a choisi de dire la vérité : La SNCF a besoin d’investissements. Donc il siphonne les bénéfices en dépréciant des actifs et envoie, de fait, des messages. Un message d’abord à l’Etat actionnaire pour lui dire que ce n’est pas la peine de venir demander de l’argent. Ensuite, un message aux syndicats pour qu’ils ne soient pas trop gourmands. Enfin, un message aux clients pour qu’ils s’attendent à des augmentations de prix. Parallèlement à cela, il va aussi être obligé de vendre des actifs, du foncier, des filiales pour financer la modernisation et réduire son endettement. Guillaume Pépy est peut-être gonflé, mais  il est surtout malin et efficace.

Photo : Guillaume Pépy, Président de la SNCF

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