Le Club des Banques Centrales à encore frappé

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. La BCE a baissé son taux directeur à un niveau qui n’a jamais été aussi bas depuis la création de l’euro. Un geste qui fait échos à des mouvements similaires ces derniers jours. Explications.

Depuis quelques jours, les banquiers centraux forment un club très fermé. Quand jeudi Mario Draghi abaissait son taux directeur d’un quart de point à 0,75%, la Banque Centrale d’Angleterre et la Banque Centrale de Chine assouplissait également leur politique monétaire. La semaine dernière, c’était la FED qui effectuait ce geste.

La cause, c’est le risque évident de ralentissement et même de récession mondiale. En Europe, Mario Draghi s’est dit très clairement impressionné par le dernier sommet européen, par la demande de croissance, par les engagements de stabilité budgétaire mais inquiet de la fragilité des banques. D’où la baisse des taux qui devrait faciliter les choses. La Banque Centrale d’Angleterre elle, est dans la même situation économique avec une autre  responsabilité. Elle garantit l’équilibre de la plus grande industrie financière du monde. Ses banques sont malades. Elle doit les protéger. Quant à la Banque Centrale de Chine, elle pilote la deuxième économie du monde, avec une croissance qui est tombé de 10% à 7%. Les magasins en occident se vident, les usines chinoises ferment donc Pékin baisse le prix de l’argent pour inviter les Chinois à s’endetter et les entreprises étrangères à venir s’installer. Logique.

Tout cela veut donc dire que toutes les économies se tiennent. Il y a des métastases partout. Cette baisse des taux ne va pas bouleverser notre vie quotidienne mais elle renforcer les banques qui sont cardiaques. L’économie est mondialisée, mais il n’y a pas de gouvernement mondial. On s’aperçoit que les seuls capables d’impulser une coordination mondiale c’est cette « confrérie » des Banques Mondiales. En théorie, elles ne se concertent pas. Mais en pratique tout se passe comme si elles ramaient dans le même sens. C’est un des rares facteurs d’optimisme produit par la crise. Les gouvernements ne s’entendent pas, les entreprises se font concurrence mais les Banques Centrales,  se serrent les coudes. Décidément, on vit une époque formidable.

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