L’édito de Jean-Marc Sylvestre. Bruxelles prépare un texte réglementant les agences de notation. Pour autant, cela ne réglera pas les problèmes de fond.

La semaine dernière, l’agence de notation Standard & Poor’s annonçait par erreur la dégradation de la France. Depuis cette bourde et son retentissement  médiatique,  la commission de Bruxelles va dévoiler demain un arsenal législatif règlementant à nouveau, le fonctionnement de ces fameuses agences. Cette brassée de règlementation était en préparation depuis un moment par Michel Barnier le commissaire français charge de la régulation financière. Bien avant l’incident de S&P qui n’a fait qu’accentuer la pression. Mardi, Michel Barnier devrait faire quatre annonces importantes :

– Interdiction de noter les dettes souveraines.

– Interdiction de noter les pays qui négocient des plans de redressement.

– Accorder 24 heures de délais à un État avant de rendre publique sa note.

– N’ importe quel investisseur pourrait attaquer une agence en justice s’il considère que la note lui porte préjudice.

Une réglementation efficace mais aberrante.

Certains experts considèrent que les agences de notation ajoutent de la crise à la crise en rendant publique des notes défavorables. Et ce n’est pas faux. La mauvaise note inquiète et l’inquiétude crée le refroidissement. Ceci dit, ça ne règle pas le problème de fond. Si la note est mauvaise, c’est que la situation est mauvaise.

C’est comme à l’école, on peut aussi arrêter de noter les cancres sous prétexte que ça les démoralise. On peut leur donner 24 heures de délai avant d’envoyer les carnets de notes pour qu’ils préparent des réponses. On peut même les autoriser à attaquer les professeurs en justice ! Le problème de fond demeure et le meilleur moyen de ne pas avoir de problème avec l’agence de notation c’est de régler son problème d’endettement. Le meilleur moyen de faire tomber la fièvre c’est de se soigner.