Le gouvernement se convertit (enfin) à la compétitivité

Par Jean-Marc Sylvestre. Le mot était tabou, il était même grossier mais voilà que les membres du gouvernement n’arrêtent plus d’en parler. Dernier projet en date, baisser le coût du travail en diminuant les charges patronales de 50 milliards d’euros en 4 ans, soit plus de 12 milliards par an. Pour compenser ce manque de recettes parafiscales, le gouvernement veut augmenter la CSG  d’autant… et le tour et joué ! Pourquoi la CSG ? Parce que tous les revenus la paient. Pourquoi pas la TVA ? Tout simplement parce que Nicolas Sarkozy l’avait proposé. Mais s’il l’avait proposé, c’est parce que la TVA est payée par tous les consommateurs sur l’ensemble des produits et des services, sauf ceux de première nécessité, mais surtout, sur les produits importés. Avec la TVA, on freine les importations, donc les délocalisations. Si on importe, on fait payer aux producteurs étrangers une part du coût de la protection sociale. Bien que Sarkoziste, cette mesure était assez intelligente.

Pour le gouvernement Ayrault, la réforme du financement de la protection sociale passera par une baisse des charges compensée par une hausse de la CSG. Pourtant, il souhaite attendre le rapport Gallois au mois de novembre pour en parler officiellement. Mais il n’y a aucune raison que ce rapport ne se focalise sur la CSG. Il faudra passer nécessairement par de la TVA ! Franchement, que de temps perdu. Mais pourquoi faut-il que les hommes politiques fassent en campagne des promesses qu’ils ne peuvent pas tenir. Ce serait tellement plus simple de reconnaitre qu’il y a des décisions et des mesures qui sont à la fois nécessaires et intelligentes à droite comme à gauche. A bien y réfléchir, le plus pragmatique des ministres du gouvernement, c’est Manuel Valls. Il a tout compris : la gauche le soutient et la droite aussi ! C’est bien dommage qu’aucun ministre du gouvernement Hollande n’ait été auparavant chef d’entreprise. Il connaitrait les problèmes fiscaux, les problèmes de compétitivité. Il saurait pourquoi ce pays ne crée pas d’emplois et accessoirement, il bénéficierait d’une popularité équivalente à celle de Manuel Valls…

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