Le krach de la bourse chinoise peut entraîner le reste du monde dans sa chute

La bourse chinoise s’est effondrée de 8,5% dans la journée de lundi 24 août et a entraîné dans sa chute tous les marchés asiatiques et européens. L’instabilité de l’économie chinoise est devenue le premier sujet d’inquiétude des investisseurs occidentaux.

La situation économique et financière de la Chine est désormais considérée avec beaucoup d’attention et d’inquiétude par le reste du monde. Les valeurs chinoises ont perdu jusqu’à 70% depuis un an, avec des effondrements parfois très violents, en témoigne la journée de lundi. Près de 10% de baisse à Shanghaï, la journée la plus douloureuse depuis 2007. Hong-Kong a perdu, de son coté, plus de 5% et Taïwan a cédé 7,5 %. En Europe, les marchés cèdent entre 5% et 8 %. A Paris comme à Londres, on a basculé, un moment, dans la panique.

Faut-il pour autant s’en inquiéter et considérer que la prochaine crise mondiale partira de Shanghaï ? Les experts sont assez partagés.

Tout d’abord, la situation chinoise est devenue très  compliquée à contrôler ou à redresser. On savait que les Chinois était joueurs, que beaucoup se sont endettés pour acheter des actions. 80% des ménages chinois ont constitué une épargne spéculative. Ils finançaient leurs dettes avec les plus-values. Ce petit jeu fonctionne tant qu’il y a des plus-values. Mais il arrive que les marchés spéculatifs s’effondrent – c’est ce qui se passe depuis six mois – provoquant un effet d’appauvrissement généralisé. La machine économique chinoise s’est donc mise à ralentir, aggravant la situation.

Ajoutons à cela que la baisse des prix du pétrole, et la meilleure compétitivité de certaines économies occidentales, ont diminué la demande extérieure. L’appareil de production chinois se retrouve donc en déficit de demande interne et externe.

Enfin, les autorités chinoises n’ont pas réussi à enrayer l’effondrement de leur marché.  Contrairement à ce que l’on attendait, la banque de Chine n’a pas fait de geste fort pour relancer la consommation intérieure et surtout la demande d’actions sur les marchés. Cela aurait pourtant permis de relancer les cours à la hausse.

Plus grave, les sorties de capitaux ont atteint plus de 5 milliards de dollars la semaine dernière, ce qui veut dire que la classe des « Chinois riches » perd confiance dans le système. La triple dévaluation du Yuan, qui aurait dû attirer comme des mouches les investisseurs étrangers, n’a eu que très peu d’effets. L’achat massif d’actions chinoises par la banque centrale et la constitution d’une sorte de caisse des dépôts  qui permettrait à Pékin d’acquérir des titres cotés n’a pas provoqué un retournement de tendance.

Aujourd’hui, les investisseurs chinois, après avoir intégré le phénomène spéculatif, considère que le ralentissement de l’économie chinoise va s’accentuer avec un PIB entre 5% et 8% par an. Pour les autorités chinoises, une croissance aussi faible peut provoquer des troubles sociaux graves, troubles qu’elles ne savent pas gérer.

Ensuite, ce retournement est-il en mesure de casser le cycle de développement des économies occidentales. Le krach boursier de Shanghaï a évidemment provoqué une chute sévère des valeurs occidentales. La question est de savoir si cette crise asiatique aura le même effet que l’éclatement de la bulle internet aux Etats-Unis dans les années 2000.

 » height= »1″ width= »1″>La majorité des analystes restent assez serein sur un rééquilibrage, cela pour trois raisons.

Tout d’abord, les marchés occidentaux ont principalement sanctionné les valeurs qui avaient surperformé depuis 5 ans. Les valeurs de la haute technologie et de l’internet ont dévissé grandement parce qu’elles avaient été valorisées dans des proportions que leur modèle économique ne justifiait pas. Facebook, Google, Netflix, Apple ont été touchées parce qu’elles avaient aussi été,  très ou trop entourées. On assiste peut-être à une correction qui, pour l’heure, parait normale.

Ensuite, les marchés ont surperformé parce qu’ils ont été dopés par les banques centrales. La distribution de liquidités a d’abord, et surtout, arrosée les marchés financiers donnant aux investisseurs le sentiment que les banques centrales seraient toujours là pour éteindre les incendies.

Aujourd’hui, les mêmes investisseurs guettent la réaction des banquiers centraux et constatent que, malgré les débats quasi théologiques, ils ne changent pas de politique. Le souci, c’est de réussir un atterrissage en douceur sur les véritables valeurs d’actifs. Personne n’oublie que les marchés occidentaux sortent d’une croissance interrompue de 5 ans. Partout dans le monde sauf en Europe et particulièrement en France.

Conséquences de cette analyse : L’Europe qui a pris du retard à cause d’une politique monétaire plus stricte et surtout à cause d’une situation structurelle qui a hypothéqué la compétitivité des industries sur les marchés mondiaux, l’Europe est évidemment la région la plus fragile et la plus vulnérable à un choc qui lui serait infligé par uns crise asiatique.