Le Medef s’interroge sur l’avenir du capitalisme comme outil capable de gérer les crises.

Lors des Rencontres des Entrepreneurs de France, le Medef, que préside désormais Geoffroy Roux de Bézieux, fait sa rentrée en invitant les chefs d’entreprises à réfléchir sur l’avenir du capitalisme. 

En choisissant d’éclairer l’avenir, le Medef revient aux sources du mouvement patronal en s’interrogeant sur la responsabilité des entreprises et du système capitaliste dans le développement des crises qui minent le terrain social et politique et hypothèquent le système lui-même. 

Le moment est plutôt bien choisi. Alors que le système capitaliste d’économie de marché domine 99% de l’activité économique de la planète toute entière, alors que toutes les alternatives ont failli et qu’il n’existe pas de système de création de richesses alternatif aussi performant, on voit apparaître des crises et des dysfonctionnements qui mettent en risque la pérennité du système. 

L’aggravation des inégalités partout dans le monde, les risques du réchauffement climatique, l’épuisement des énergies fossiles, le caractère systémique des crises monétaires ou financières appellent des régulations et des réformes urgentes, si on veut stabiliser le système capitaliste ou même son petit frère, qui appartient à la famille du système de l’économie de marché. 

Le système capitaliste a besoin de régulation. Toute la question est de savoir doser cette régulation pour que son effet ne soit pas pire que le mal. 

Le problème de la modernité est que la nécessaire régulation dépasse les frontières. Le monde est tellement globalisé, les chaines de production sont tellement éclatées, que les États et les gouvernements sont incapables, faute d’accords internationaux, d’apporter des solutions efficaces.

C’était en partie l’enjeu du dernier G7. 

La gouvernance du Medef présidé cette année par Geoffroy Roux de Bézieux, a convié plus de dix ministres et secrétaires d’État, dont Muriel Pénicaud (Travail) Gérald Darmanin (Budget), Bruno Le Maire (Economie). Ainsi que beaucoup de responsables politiques et parmi eux, Nicolas Sarkozy qui fera une rentrée que beaucoup voient comme un retour sur la scène politique. 

L’objet des travaux n’est pas de demander à l’Etat de pallier les insuffisances du système capitaliste. La majorité des participants savent bien qu’il y a surtout trop d’Etat. Surtout en France. L’objet des travaux est de demander plus de coordination internationale, plus de multilatéralisme, moins de protectionnisme, plus de liberté d’échange. 

Enfin - et c’est cela qui va être intéressant, c’est de prendre conscience qu’une grande partie des problèmes mondiaux a besoin d’être réglé à l’échelle de l’entreprise. Les grandes entreprises internationales n’ont pas besoin de directives ou d’injonction publique pour assumer leur responsabilité sociale et environnementale. 

Les entreprises gérées avec intelligence ont besoin de clients fidèles, de salariés compétents et d’actionnaires volontaristes. 

Or, la demande des clients aujourd’hui est de respecter l’environnement et de réserver les chances de développement à moyen et long terme. Le client peut voter tous les jours la vie ou la mort d’une entreprise qui, au-delà de son produit et service, trahirait ses engagements environnementaux. 

La demande des salariés est aussi claire. Les salariés veulent des salaires décents, des garanties de pérennité, et le sentiment que leur entreprise est utile à une cause qui dépasse la simple production.

Les actionnaires sont tout aussi exigeants. Ils veulent un retour financier, une rentabilité de leur investissement, mais pas seulement, ils veulent que leur entreprise participe à la sauvegarde de l’écosystème.

Le rôle du chef d’entreprise est d’équilibrer et de trouver le centre de gravité entre les objectifs de tous les acteurs de l’entreprise. 

C’est une préoccupation nouvelle, du moins au niveau de la communication