Le MES boudé par les socialistes

L’édito de Jean-Marc Sylvestre. La réforme du traité sur la gouvernance européenne a été votée par l’Assemblée nationale mercredi.

Cette réforme crée le MES (Mécanisme Européen de Stabilité  financière). C’est une institution permanente qui sera dotée d’un capital de 80 milliards d’euros et qui pourra emprunter jusqu’à 500 milliards d’euros. Il pourra intervenir dans un des pays de la zone euro dès qu’il sera en danger. C’est une sorte de FMI européen pour garantir l’équilibre de la zone Euro : une caserne de pompiers dotée de moyens considérables. Une victoire pour le couple franco-allemand  qui permet à l’Europe de faire des Eurobonds sans le dire, alors que c’était interdit.

Une réforme qui n’a pas été votée par les socialistes.

Ce qui les gêne, c’est que le MES ne peut fonctionner que si on accepte  parallèlement le pacte budgétaire. C’est-à-dire que l’on s’engage à respecter les équilibres budgétaires et donc les sanctions automatiques. Cette abstention, elle a une signification politique forte. Les socialistes ne votent pas une réforme qu’ils approuvent sous le prétexte qu’elle a été présentée par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. Une explication un peu mince pour les enfants de Jacques Delors.

L’impact de l’abstention.

Cette abstention elle peut avoir un impact économique fort. Pourquoi ? Tout simplement parce que les taux d’intérêt que l’on nous appliquent aujourd’hui sont faibles car nous sommes liés à l’Allemagne et parce que nous avons pris l’engagement de respecter les équilibres budgétaires. Si demain, cette réforme est remise en cause par une nouvelle majorité il est évident que les marchés ne l’accepteront pas et nous en feront payer le risque. Nicolas Sarkozy court le risque d’une récession de l’activité c’est vrai, mais François Hollande fait courir le risque d’une explosion des taux d’intérêt.