Le monde bouge mais la majorité socialiste reste autiste à tout changement

Alors que le PS se déchire et refuse toute ouverture de sa politique économique, les chiffres montrent que la croissance américaine fait des miracles et que le modèle allemand n’a jamais été aussi puissant.

La situation de la gouvernance française est toujours aussi surréaliste. Le Parti Socialiste au pouvoir depuis presque 4 ans a montré, une fois de plus, qu’il refusait tout infléchissement de la politique économique vers plus d’ouverture internationale, plus de collaboration européenne et plus de dynamisme.

Les cadres du PS n’ont toujours pas accepté qu’il fallait assumer la mondialisation de l’économie et s’y adapter. Ils ne veulent toujours pas admettre que le système d’économie de marché est désormais le seul à fonctionner dans le monde entier, à l’exception de la Corée du Nord, le seul capable de créer de la richesse, de l’activité et des emplois. Enfin, les cadres socialistes ne veulent pas comprendre que l’innovation est le seul moteur du progrès. Le comble, c’est que pour diffuser ces idées très conservatrices, ils utilisent les outils de la nouvelle technologie !

L’université d’été du PS a parlé beaucoup de politique politicienne, de conquête du pouvoir, de rivalité personnelle, de règlements de comptes. Jamais ils n’ont travaillé sur les tendances lourdes de la société et la façon de conjurer les grandes peurs. Jamais pendant ces trois jours, ils ont essayé de travailler sur les opportunités que pouvaient  offrir les grandes  mutations. Au contraire, ils utilisent les mutations comme facteurs de peurs et comme justificatif à des réactions de défense et de protection.

En bref, la mondialisation fait peur, plutôt que de l’affronter la gauche prône le protectionnisme. L’économie de marché fait peur et plutôt que de l’assumer, la gauche prône un rôle accru de l’Etat régulateur et protecteur. Le progrès technique fait peur, et plutôt que d’en saisir les avantages, on met en valeur le principe de précaution qui interdit les innovations.

Emmanuel Macron, ministre de l’Economie a essayé d’expliquer que la gauche, parfois, se trompait et qu’il fallait saisir les opportunités de la modernité. Il a été hué par ceux qui devraient le soutenir.

Cette attitude est suicidaire pour la gauche. Au moment où le PS se cabre, les exemples de réussites économiques nous arrivent du monde entier.

Ne revenons pas sur l’exemple allemand. On peut critiquer Angela Merkel sur sa rigueur, mais son budget est en excédent. Elle ne doit rien à personne, sa croissance fondée sur la compétitivité lui permet d’assurer un quasi-plein emploi et le fonctionnement de ses contrepouvoirs donne à ses décisions une légitimité permanente. L’Allemagne profite des efforts de compétitivité réalisés depuis plus de dix ans.

Aux Etats-Unis, tous les indicateurs de croissance sont passés au vert à la veille du week-end. La croissance a été révisé en forte hausse au deuxième trimestre à 3,7%. Tous les moteurs sont allumés. L’effet stock n’a pas été négligeable certes, mais la croissance a été tirée par l’investissement des non-résidents et des résidents, et par la consommation. Pour tous les observateurs, cette croissance est la divine surprise. L’économie avait flanché au début de cette année, elle a donc rebondi et ce rebond parait durable.

Cette croissance a, certes, bénéficié d’un afflux de liquidités distribuées par la banque centrale, mais cette générosité n’explique pas tout. Il y a beaucoup de travail, d’audace, d’innovation, de recherche, de compétitivité. L’effet taux d’intérêt s’ajoute à l’effet prix de l’énergie qui s’est effondré.

Le vrai débat aux Etats-Unis n’est pas de savoir quel candidat à la présidentielle réussira à passer les primaires. Le vrai débat est de savoir si la banque centrale va changer la politique monétaire en remontant ses taux et quand.

Les conditions économiques sont telles aujourd’hui que, normalement, la FED pourrait remonter les taux comme elle l’a laissé entendre. Mais beaucoup au sein du conseil de la banque et dans l’administration américaine craignent que ça donne un coup de froid à l’évolution économique. D’autant que la Chine envoie de son côté des signaux négatifs.

C’est un vrai débat qui a lieu aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou au Japon. Pendant que ces régions  du monde modulent leur activité, la gouvernance française en est encore à s’interroger sur l’utilité du travail dans le processus de création de richesse.