Le pactole de l’assurance vie en dit long sur l’état de l’économie française

C’est la pire des informations sur l’état de la conjoncture. Le triomphe de l’assurance vie annonce l’effondrement financier de l’État. L’assurance vie bat désormais tous les records. En Juillet, la collecte a atteint 3,9 milliards d’euros : du jamais vu en 4 ans. En 7 mois, l’assurance vie a collecté plus que sur l’ensemble de l’année 2013. C’est la pire des nouvelles. Explications.

A priori, tout le monde devrait être content. L’assurance vie est devenue le placement préféré des Français qui en usent et en abusent. Les épargnants devraient être contents, pour se précipiter ainsi et bourrer les comptes. Les banques et les sociétés d’assurance devraient être satisfaites. L’assurance vie draine de confortables commissions et constitue des réserves stables, c’est de l’épargne moyen terme. Quant au trésor, il doit objectivement avoir toutes les raisons de se réjouir puisque l’essentiel des fonds collectés sont investis en obligations d’État. C’est-à-dire que cette épargne sert à financer le fonctionnement de l’État, donc son déficit.

Ce succès, c’est le marqueur le plus évident du dérèglement de l’économie française. Les Français auraient pu épargner parce qu’ils auraient voulu investir, acheter de l’immobilier ou préparer leur retraite. Ils auraient pu. En fait ils épargnent, c’est-à-dire qu’ils détournent du circuit économique, 15 à 20%  de leurs revenus pour le stériliser dans des obligations d’État. Ça veut dire trois choses :

Tout d’abord, qu’ils refusent de consommer parce qu’ils n’en n’ont pas envie ou alors parce que l’offre de produits et de services ne les étonnent pas et ne les convainc pas. Que les chefs d’entreprise arrêtent de dire qu’il n’y a pas d’argent pour financer la demande, l’argent est là, le pouvoir d’achat est là mais il est détournée vers les fonds d’État.

Ensuite, ça veut dire que l’épargne est surabondante mais qu’elle ne s’investit pas dans les activités créatrices de richesses. Il n’y a pas de demande d’investissement : Le pouvoir d’épargner est énorme. Le pouvoir de dépenser ou d’investir est nul.

Enfin, cela signifie que la peur s’est installée partout en paralysant toutes les initiatives. Les Français ne consomment pas, ils épargnent, et cette épargne va financer les déficits publics qui sont creusés par l’énormité du budget social et du budget de l’État ; lesquels redistribuent des revenus. Lesquels revenus sont épargnés pour financer les déficits. Ce cercle est d’une perversion rare.

La solution est très simple. Il suffirait de stopper la hausse des dépenses publiques pour freiner les besoins d’épargne et du coup détourner cette épargne vers l’industrie, l’investissement et la consommation. Très simple.

En attendant, les Français se gavent d’assurance vie parce qu’ils croient encore dans la capacité de l’État à garantir les emprunts publics. Ils ont raison mais pour combien de temps. Ils ignorent que si l’État est vraiment dans la nécessité, il puisera dans ce pactole des assurances vie. Pour l’instant, il a besoin de cette épargne pour financer les finances publiques. Un jour prochain, il utilisera l’assurance vie comme substitut à l’impôt.

Comme chaque année, il commencera par écorner les avantages fiscaux ou successoraux accordés aux contrats pour allécher les épargnants. Pourquoi l’État s’en priverait-il ? Il est assis sur un tas d’or constitué presque volontairement et dans la crédulité générale par les épargnants. L’État a déjà touché au pactole. Il recommencera. On parie ?