Le patron des patrons se fâche contre toutes les démagogies et ceux qui les véhiculent.

Geoffroy Roux de Bezieux a ouvert la REF, la rencontre des entrepreneurs de France pour le Medef, sur un discours de campagne contre la démagogie, la défiance et l’anxiété que le Covid a installé dans le climat de ce pays.

Pas question de céder au catastrophisme et aux propositions démagogues, pas question de critiquer les partenaires sociaux ou l’administration, Geoffroy Roux de Bezieux, le président du Medef, s’est mis en tête de chasser la démagogie d’où qu’elle vienne et quel que soit le sujet qu’elle appréhende. Ce cancer est certes un pur produit du Covid mais ceux qui s’y complaisent ne travaillent pas au bien commun.  

En 40 minutes d’intervention, il a fustigé tous ceux qui ajoutent de l’angoisse à l’angoisse parce que ça se vend bien. L’audience d’aujourd’hui et la concurrence électorale de demain ne peuvent pas justifier tout et n’importe quoi.

Sinon, c’est la liberté et l’équilibre de notre système qui est en risque et au fond, personne n’a vraiment envie de voir s’effondrer le système dans lequel nous vivons. Le faire évoluer, le rendre plus équitable et plus productif pour tous oui, mais le détruire non...

Le président du Medef revient sur le concept de liberté individuelle qui nécessite la responsabilité individuelle. Il attaque tous azimut les opposants au pass sanitaire, à la vaccination et à tous ceux qui pensent que nous sommes en risque de dictature. A l’heure où le monde observe une véritable dictature en Afghanistan, de tels propos dans les manifestations parisiennes sont complètement ridicules. Le bien commun et le respect d’autrui nous obligent évidemment à respecter les consignes sanitaires et à se protéger.

Mais ça n’est pas là où le bât blesse, parce qu’après tout, dans la grande majorité du public et notamment des chefs d’entreprise, les consignes ont été appliquées dans le calme : dans les cafés et les restaurants, les théâtres et les salles de spectacle, les avions et les trains, etc… Mieux vaut le pass sanitaire que le confinement.

Là où le bât blesse le plus souvent, c’est dans le diagnostic de la situation et dans les perspectives et les programmes d’action. La vérité est devenue une qualité rare.

La vérité des chiffres sur la situation économique a du mal à s’imposer. La catastrophe ne s’est pas produite, l’économie va beaucoup mieux que ce que tous les oiseaux de malheur nous prédisaient. Elle va mieux parce que l’Etat a fait son job au prix d’un endettement lourd qu’il faudra gérer. Mais elle va mieux aussi, parce que les entreprises ont fait preuve de résilience.

Puisque cette vérité d’un diagnostic paradoxal est difficile à transparaitre, la vérité des programmes de relance, de soutien ou de réformes structurelles est tout aussi difficile à transmettre et pourtant. Dans le domaine du digital comme dans celui de la transition écologique, dans le domaine de la santé ou de l’éducation, la vérité n’est pas audible par la majorité de l’opinion.

Personne ne croit plus personne. Tout se passe comme si la société française se cabrait à la perspective du progrès scientifique. Tout progrès de la science est devenu suspect. Le résultat de ce type de suspicion nous conduit directement au déclin.

Sur le front de l’écologie, difficile de faire admettre qu’on ne pourra pas se permettre de se passer de croissance. Difficile d’expliquer qu’on ne pourra jamais produire  l’électricité sans carbone en quantité suffisante si elle n’est pas nucléaire.

Difficile que faire comprendre aux populations occidentales que la lutte pour le climat va concerner le monde entier et qu’il va falloir mobiliser tous les continents. La Chine et l’Inde sont les plus gros pollueurs de la planète.

Difficile de penser qu’on pourra se passer d’une taxe carbone à l’entrée de l’Europe si on veut inciter les autres à faire le même effort que nous.

La vérité oblige à dire que, dans les dix ans qui viennent, beaucoup d’entreprises vont disparaître, beaucoup de métiers vont changer, beaucoup de populations vont être obligées de muter.
La vérité oblige à admettre aussi que l’avenir passera par l’Europe, une Europe mieux organisée et mieux coordonnée.  

Mais la vérité pour Geoffroy Roux de Bezieux est aussi de dire et de répéter que la clef du progrès, c'est le travail. Il y a une corrélation positive très forte entre le progrès et l’amélioration du niveau de vie et la quantité de travail organisé et fourni. 

Le problème, dans ce type de discours, c’est évidemment sa traduction politique. A priori, personne, jusqu'alors, n’a eu le courage de le porter. Il reste donc six mois pour écrire un programme cohérent et choisir un candidat qui serait capable de réunir les suffrages nécessaires. Actuellement, ni le programme, ni le candidat n’existent.