Le plan B de Varoufakis pour sortir de l’euro avec l’aide des Russes

Alors que la troïka, qui représente les  créanciers, est en Grèce pour négocier les détails du 3e plan d’aide, on apprend que Yanis Varoufakis avait conçu un plan B pour échapper aux contraintes des créanciers et pour redonner de l’air à la Grèce. Alexis Tsipras s’y était opposé d’où leur divorce. En voici le détail.

C’est le Bild qui a, le premier, révélé cette opération secrète. Mais le scenario a été relayé très vite par le puissant quotidien, le Frankfurter Allgemeine et reprise par les anglo-saxons et les milieux boursiers, preuve qu’Athènes continue de faire peur en dépit du nouveau plan de sauvetage dont la Grèce va bénéficier.  En fait, les milieux financiers et boursiers craignent que les Grecs ne supportent pas les contraintes du 3e plan d’aide compte tenu des coupes budgétaires qu’il faudra accepter. Par ailleurs, ils craignent aussi qu’Alexis Tsipras ne tienne pas sa majorité politique qui part dans tous les sens et que son aile gauche fomente des manifestations un peu violentes. Bref, l’avenir de la Grèce n’est pas sécurisé.

D’autant moins que la presse allemande conjuguée aux milieux financiers britanniques a révélé hier que Yanis Varoufakis avait en fait, un plan B qui organisait la sortie de l’euro. Ce plan de Grexit avait été éventé. Les services secrets en avaient fait état auprès du gouvernement allemand, ce qui avait conduit le ministre de l’Economie a en parler. Ce plan avait aussi fuité auprès des dirigeants français ce qui aurait semé la panique à l’Elysée et poussé François Hollande à travailler au corps, et les créanciers et Alexis Tsipras, pour qu’ils acceptent de tourner casaque contre son propre camp.

La plan secret de Grexit avait donc été conçu par Yanis Varoufakis et Panagiotti Lafazanis, l’actuel ministre de l’Energie. Avec une équipe de douze experts issus de l’aile la plus radicale de Syriza. L’objectif de ce plan, était d’éviter que le gouvernement Tsipras soit obligé de négocier un compromis avec les créanciers de l’Etat en faillite et n’accepte de nouvelles conditions d’austérité.

Le plan prévoyait que, dès la mise en faillite, de l’Etat et des banques grecques qui auraient été coupées de liquidités, le gouvernement aurait mis en circulation des Drachmes pour que les échanges quotidiens puissent s’organiser. Il est probable que cette monnaie aurait été dévaluée de 40% minimum par rapport à l’euro, mais ça aurait pu permettre de faire redémarrer l’économie de proximité.

Mais le point le plus fort de l’opération c’est parallèlement, la Russie de Poutine qui avait (semble-t-il) promis à Varoufakis une aide financière massive pour financer les importations nécessaires, pour  faire fonctionner l’administration et financer des investissements.

Au total on n’était pas loin de ce que représentera le 3e plan d’aide, soit 100 milliards sur 3 ans. Ce plan n’était applicable selon les documents qu’après une neutralisation des dirigeants des banques grecques et du gouverneur de la banque centrale. A Paris comme à Berlin on ne pensait pas qu’un tel coup était possible sans l’intervention de l’armée, par ailleurs l’arrivée des Russes comme tuteurs et banquiers posait plus de problèmes que la présence de la Troïka.

D’où l’insistance de la France a vouloir signer un protocole d’accord, d’où l’acceptation de l’Allemagne sous conditions, d’où finalement la position d’Alexis Tsipras qui a demandé à Yanis Varoufakis de s’écarter du jeu et à ses fidèles d’essayer de calmer les troupes de Syriza.

Il ne pouvait pas prendre le risque d’être le Premier ministre qui aurait vendu son pays à la Russie. Le problème pour lui, c’est qu’il doit être le Premier ministre qui inscrira la Grèce dans la modernité de l’Europe. Un pari loin d’être gagné.