Le plan secret du gouvernement Tsipras pour sauver la Grèce

Le gouvernement grec commence très fort. Il ne sortira pas de l’euro mais demandera une renégociation de sa dette qu’il pourrait obtenir. En contrepartie, il proposera un plan de réformes spectaculaire qui apportera des marges de manœuvre. Un plan porté par le nouveau ministre des Finances, Yanis Varoufakis.

Ce plan miracle de redressement sera porté par un ministre de l’Économie assez étonnant. Yanis Varoufakis est jeune, il a évidemment la confiance absolue du Premier ministre Grec et, paradoxe, il est bien noté par les marchés. Il a même la cote auprès d’Angela Merkel, c’est dire.

Le ministre de l’Économie commence demain une tournée des capitales européennes. C’est un universitaire brillant qui a fait ses classes dans les plus grandes universités britanniques. Il avait, au début de sa carrière, travaillé avec George Papandreou. Varoufakis avait démissionné de ses fonctions de conseiller en annonçant la crise des subprimes et en prédisant une évolution catastrophique. A l’époque, on l’avait traité de fou et banni de la bonne société d’Athènes.

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Il est aujourd’hui l’homme qui avait prédit la catastrophe, c’est dire le crédit dont il jouit dans la société grecque. Le plan qu’il a vendu à Syriza s’articule en trois actes.

1e acte, il va annoncer qu’il n’est pas question de quitter la zone euro. Cela signifie qu’il lui faudra donc rembourser la dette. Il le fera.

2e acte, pour rembourser la dette sans asphyxier le pays, il va engager une renégociation de la durée et des taux. L’arrivée de la BCE avec des taux de base à 0,5% donne la possibilité aux banques qui ont prêté l’argent à la Grèce de refinancer les dettes à un taux beaucoup plus acceptable. Normalement, Bruxelles et Francfort vont accepter la négociation.

3e acte, le nouveau ministre des Finances va engager des réformes structurelles qui ne sont pas en contradiction avec le programme de Syriza. Il va s’attaquer au fonctionnement de l’État et à la kleptocratie. Le ministre n’a pas de mots assez durs pour fustiger la caste politique qui a régné sur la Grèce et qui a mis le peuple à genoux.

Il pense que l’État grec et la population grecque ont été volés. Volés parce que les impôts n’ont pas été payés, parce que les aides européennes ont été détournées dans les banques suisses, parce que la société grecque et l’administration sont corrompues.

Pour lui, les responsables sont les banques, les firmes de BTP, les directeurs d’administrations et les médias qui n’ont rien dit de toutes ces collusions et compromissions entre une classe politique incapable de gérer avec un sens de l’intérêt publique. Si ce plan d’assainissement technique et moral est mis en place, le peuple grec soutiendra le gouvernement et les créanciers principaux de la Grèce approuveront.

Discrètement, le FMI approuve le plan, la BCE et Bruxelles aussi. En Allemagne, on fait savoir que si le plan Varoufakis est mis en œuvre, les Allemands lanceront un plan d’investissement de 20 milliards d’euro dans le cadre du plan Junker pour financer la relance des deux principales activités de la Grèce, le tourisme et le commerce maritime. Le tourisme grec pourrait être une mine d’or grâce à la clientèle de l’Europe du Nord. Quant aux ports de commerce, ils pourraient retrouver leurs splendeurs d’autre fois. Quand  les armateurs grecs régnaient sur toutes les mers du globe. Joli programme.