Le propriétaire des hôtels Campanile devient chinois : pourquoi une partie de la France hallucine

La nouvelle de la vente de Louvre Hotels qui détient les marques Campanile, Kyriad, Première Classe et Tulip est à peine rendue publique que des ligues morales et bien pensantes, nationalistes et souverainistes s’étonnent de ce nouveau méfait de la mondialisation.

La nouvelle de la vente de Louvre Hotels qui détient les marques Campanile, Kyriad, Première Classe et Tulip est à peine rendue publique que des ligues morales et bien pensantes, nationalistes et souverainistes s’étonnent de ce nouveau méfait de la mondialisation.

Il y a encore des Français qui s’étonnent et s’offusquent  de la vente d’entreprises françaises à des capitaux étrangers. Tout cela traduit une méconnaissance coupable des mécanismes de l’économie de marché.

Tout d’abord, cette chaîne d’hôtels créée par des Français appartenait déjà à des étrangers. Le fond  d’investissements américain Starwood Capital. Cela n’avait gêné personne d’ailleurs. Il faut croire que des capitaux chinois qui investissent dans des hôtels français sont plus inquiétants que des capitaux américains. On hallucine.

Ensuite, on ne voit pas ce que le changement d’actionnaires va changer à la gestion. Le nouveau va chercher, comme son prédécesseur à optimiser son remplissage pour le bien des emplois créés. Il est peu probable qu’il fasse venir du personnel chinois et qu’il déménage à Shanghai. Là encore, on hallucine. Le Chinois a d’ailleurs plus de chance de remplir ses hôtels que les Américains. Pour une raison simple, plus de 50% des touristes dans le monde sont déjà des Chinois.

Cette chaine d’hôtels avait trois acheteurs sérieux. Ce groupe chinois qui s’implante en Europe, des fonds d’investissements américains et le groupe Accor qui ne digère pas de s’être fait souffler cette affaire. Que ce serait-il passé si le groupe américain ou Accor avaient acheté ? Exactement la même chose que ce qui va se passer avec les Chinois.

D’abord, les hôtels vont rester en France, évidemment. Ensuite, les emplois vont rester en France. Enfin, le prix de vente. Les 1,5 milliards d’euros versés aux anciens propriétaires va pouvoir rester en France. Dans ces conditions, il va se réinvestir, créer de la valeur puis des emplois. C’est intéressant parce que la valeur économique stockée dans l’hexagone va doubler. Les hôtels restent debout et l’argent des hôtels va pouvoir travailler en France.

L’argent peut donc rester en France dans tous les cas de figure, mais ce n’est pas garanti. Les actionnaires peuvent aussi emporter cette valeur ailleurs, si la fiscalité française ne leur plait pas, si les conditions du droit du travail sont trop complexes etc.

Une délocalisation ne dépend pas de l’investisseur, pas même du métier, pas même des entreprises. Elle dépend de l’écosystème dans lequel on se bouge. Et l’écosystème dépend lui, de la politique du gouvernement mais cela, c’est un autre sujet…