Le secteur privé est en train de boomer, le secteur public s’effondre. Cherchez l’erreur !

Le secteur privé fonctionne mais le secteur public s’effondre. Si la majorité des entreprises sortent de la pandémie en bon état, les administrations, les services et les entreprises publiques sont en risque de faillite.

Le secteur privé fonctionne, mais le secteur public s’effondre. Lors de son émission fleuve faite de beaucoup d’autosatisfaction et d’un peu d’autocritique, Emmanuel Macron a beaucoup insisté sur la qualité du système économique français et sur la vigueur de la reprise. Il a eu raison. Mais rien sur l’état du service public et des entreprises publiques qui sortent de cette pandémie complètement essorée et au bord de l’effondrement.

1e point : la situation économique est bonne grâce au privé, tous les indicateurs sont au vert. La croissance est supérieure à 6%, la consommation s’est réveillée, les investissements sont très fermes et l’emploi n’a jamais été aussi équilibrée avec des tensions au niveau des embauches dans des secteurs particulièrement sollicités; le bâtiment, le tourisme et la restauration, les industries digitales.

Les entreprises du secteur privé ont, dans leur grande majorité, réussi à s’adapter très rapidement aux nécessaires mutations digitales, écologiques, télétravail etc. Les entreprises privées ont même su pallier les défaillances de l‘Etat au niveau des masques, des vaccins et de l’adaptation aux contraintes sanitaires. La résilience des chefs d’entreprises a été exceptionnelle, du côté des salariés comme du côté des chefs d’entreprise.

Et les entreprises qui sont aujourd’hui en difficulté sont celles qui l’étaient avant le Covid et qui n’ont pas su ou pas pu se mettre à niveau.

Alors, il faut reconnaître que l’Etat et sa politique du « quoi qu’il en coute » a fait ce qu’il fallait pour protéger les actifs de production. Les PGE, le fonds de solidarité, le chômage partiel et désormais les investissements de relance. Tous ces outils ont permis au système de se redresser très rapidement et sans doute de garantir une année 2022 en très forte croissance. Après 2022, il faudra regarder à nouveau les indicateurs et ajuster la budgétaire. Parce que ce diagnostic assez favorable pour le secteur privé comporte évidemment des risques et des failles au niveau du secteur public. Au-dela même de l’endettement qu’il faudra bien gérer.

Le 2e point : l’état du service public est au bord de l’effondrement.

D’abord, parce qu’il ne remplit par les missions qui sont les siennes. Les performances globales sont médiocres. L’Education nationale est en perdition, elle ne fournit pas l’éducation et la formation dont le pays aurait besoin pour sa croissance et le progrès. La situation est telle que 40% des familles choisissent l’enseignement privé. Pour eux, c’est double peine : ils paient donc l’école des enfants et continuent de payer leurs impôts (qui servent à payer (entre autres) l’école de la république qu’ils ont abandonnée.

Le système de santé, la Covid a mis en lumière son incapacité au niveau de son organisation à répondre à la demande et c’est plus une question de gestion des personnels et des outils que de moyens alloués.

L’appareil de sécurité, police et justice n’est évidemment pas à la hauteur des besoins de la population. Les services administratifs de l’Etat comme des collectivités locales et territoriales sont débordés et dépassés. Les systèmes sociaux sont en permanence soupçonnés d’accroitre les inégalités alors qu’ils ont été inventés et installés pour les réduire. Le ressenti du fonctionnement est désastreux.

Les entreprises publiques ne sont pas mieux loties. Il suffit d’observer l’état des transports public et notamment de la SNCF presque connue pour ses grèves surprises que pour le respect de ses horaires.

Ce qui est grave, c’est que l’appareil public coute extrêmement cher puisque les dépenses publiques représentent déjà près de 60 % du PIB. Avec des conditions de travail qui sont plus favorables que dans le privé. Les fonctionnaires travaillent en moyenne beaucoup moins de 35 heures et le niveau moyen des salaires est supérieur au privé. Ce qui est terrible, c’est que les arrêts maladie et le taux d’absentéisme au travail est là encore beaucoup plus élevé que dans le privé.

Cette situation, dont les responsables politiques ne parlent pas, est celle d’un système administratif complètement asphyxié et obèse et travaille pour lui-même à sa propre protection. C’est le comble de la bureaucratie où la notion de performance et de contrôle d’efficacité est absente et surtout où la responsabilité est complètement diluée.

Cette situation-là présente un risque plus grave que le virus pour l’avenir du système français.

D’abord, parce que tout être normalement constitué a intérêt à travailler aujourd’hui pour obtenir des prestations ou des faveurs de l’Etat, puisque les dépenses publiques représentent 60 % du PIB. Donc les conditions de fonctionnement de l’administration sont contagieuses. Il faut être héroïque pour aller travailler dans une entreprise privée aujourd’hui.

Ensuite, parce cette administration vit principalement de l’endettement. La dette avoisine les 120 % du PIB. Ça n’est pas grave si la croissance est de 6% et si les taux d’intérêt sont à zéro mais si l’inflation se relevait, les pays très endettés seraient arrêtés devant ce mur infranchissable. La chance de la période que nous traversons aujourd’hui est que les risques d’inflation sont très friables à moyen terme.

Enfin, parce que le poids de cette administration pléthorique baisse le taux de productivité globale du pays et par conséquent, explique en partie que la compétitive française soit mauvaise, d’où le poids des importations étrangères et un tel déséquilibre ne peut pas durer.

Actuellement, la France tient son rang et son rôle sur l’échiquier mondial, parce que nous avons un tissu de petites et moyennes entreprises remarquables qui garantissent le fonctionnement de l’économie locale (l’approvisionnement, le bâtiment etc…) parce que nous avons un potentiel énergétique nucléaire qui fait de la France le pays ou l’énergie pourrait être la moins chère du monde, nous avons donc un gisement de compétitivité. Nous avons près de 50 grandes entreprises internationales qui nous apportent quelques devises ; nous n’avons pas de Gafam, certes, mais nous avons des groupes de luxe qui nous apportent beaucoup plus de devises et de ressources fiscales que l’ensemble de l’agriculture et l’agro-alimentaire. Les producteurs de blé, de fruits et légumes ou de yaourts nous nourrissent (et bien) mais les sacs Vuitton, Gucci ou Hermès nous permettent aussi de payer ce qu’on achète et qui n’est pas made in France.

Mais tous ces actifs ne suffiront pas d’autant que les ressources financières sont englouties dans une administration qui ne fait plus son job.