Le sommet d’une Europe en panne

Les dirigeants européens étaient réunis dimanche à Bruxelles pour tenter de trouver une solution à la crise de l’euro. Que doit-on en retenir ?

Disons les choses comme elles sont. L’Europe est en panne et les deux locomotives ont du mal à la faire repartir. Comme d’habitude, on a reporté à plus tard l’annonce de décisions. Sur la Grèce, on a convenu qu’elle ne pourrait pas rembourser ses dettes. Problème, on a pas décidé qui pourrait le faire à sa place. Une fois de plus, les marchés financiers seront complètement déboussolés.

On a compris que les banques vont devoir assumer une partie de l’ardoise, mais il faudra aussi en appeler aux États et sans doute au FESF. Mais sur le sujet, on sent clairement que le clivage est sérieux. La France peut difficilement s’engager dans un processus qui l’obligerait à s’endetter.

L’Allemagne, elle, refusera tout système qui l’obligerait à payer pour les autres sans contrepartie. Angela Merkel est depuis le début de la crise complétement coincée par sa majorité. Le problème central, il est là. Nous habitons un immeuble en copropriété et certains copropriétaires ne paient plus leur charge ou font du bruit. Il faut donc revoir le règlement ou les contrats de cohabitation.

Comment vont réagir les marchés ?

Les marchés sont comme vous et moi. Ils entendent les déclarations d’amour mais ils n’en ont pas les preuves. Certains vont une fois de plus baisser les bras. D’autres plus lucides, savent aussi qu’il y a des logiques auxquelles on n’échappe pas. Et la logique européenne passe par la nécessite de rester uni. L’Allemagne gagne sa vie dans la zone euro, 70% de ses exportations. Donc l’opinion publique allemande finira bien par le comprendre. D’autant que la France ne ménage pas ses efforts pour aider Angela Merkel. Les Allemands réfléchissent longtemps. Le problème aujourd’hui c’est que l’on est au bout du bout. Merkel a trois jours pour convaincre sa majorité que l’intérêt des allemands passe par la solidarité.