Lendemain de « défaite » : les milieux d’affaires s’attendent à une belle pagaille après les municipales

Dimanche soir, après les premiers résultats de cette déroute des partis de gauche, des chefs d’entreprises comparaient la maison France à une entreprise qui aurait perdu tout à coup ses clients, abandonné ses salariés, ruiné ses actionnaires et perdu son stock de produits et de projets.

La soirée électorale a donné hier soir le spectacle d’une gouvernance française sans aucune ligne de conduite cohérente, c’est-à-dire sans politique économique bien définie, sans équipage et sans état-major…

François Hollande va devoir tout reconstruire, tout recadrer et tout repréciser, y compris son propre rôle, et son ambition.

Premier point, la France n’a pas de politique économique. Si le président et son gouvernement disent qu’ils doivent tenir compte du résultat des municipales, ils ont deux réponses possibles :

Ou bien ils considèrent que la gauche les a abandonnés faute d’avoir été suffisamment à gauche. Ils répondront par une politique de gauche fondée sur la redistribution sociale. Ou bien, ils estiment que leur défaite est due à un défaut de résultats sur l’emploi et dans ce cas, ils doivent mettre en place une logique d’offre, un pacte de responsabilité qui encourage la compétitivité des entreprises.

Ce sont deux politiques fondamentalement différentes. Hier soir sur les plateaux de télévision, on a assisté au spectacle hallucinant d’entendre des ministres du gouvernement développer des analyses diamétralement opposées. Il faudra trancher.

Deuxième point, la majorité n’est ni homogène, ni cohérente. Cette majorité parlementaire qui est censée soutenir François Hollande va donc exploser. Forcément. Au sein des députés socialistes, entre les socio-démocrates qui croient en l’économie de marché, aux bienfaits de la mondialisation et de l’Europe, les écolos qui jurent que le salut viendra de la transition énergétique mais qui refusent  l’expérimentation sur les gaz de schiste et réclament l’abandon du nucléaire sans savoir par quoi le remplacer, et la nouvelle gauche qui travaille sur la non-croissance, cette majorité ne peut pas s’entendre pour dégager un consensus sur des projets de loi concernant le modèle économique de ce pays. Cette pseudo-majorité peut très bien prendre le risque d’une censure du gouvernement et par conséquent d’une dissolution.

Troisième point, cette gouvernance qui n’a pas de ligne éditoriale, pas de cap, pas de politique économique, n’a pas de gouvernement opérationnel. On l’a déjà constaté : le désordre qui domine l’équipe gouvernementale oblige le Premier ministre ou le Président à faire le grand écart en permanence, ou alors à faire mine que ça fonctionne alors que c’est la pagaille et l’absence flagrant de professionnalisme. En plein immobilisme, le gouvernement ne fait rien. Et les ministres se disputent : on l’a vu tout au long de la soirée électorale. Le prochain gouvernement devra être homogène. S’il l’est, il marchera droit, mais il n’aura pas de majorité au parlement.

Conclusion : François Hollande va devoir tout changer, à commencer par sa façon de gouverner. Parce que « le problème, c’est lui ». Il n’a pas le choix. Sinon, il ne survivra pas aux prochaines consultations électorales.