Les 20 marques de l’été : Saint-Tropez, un nom qui rapporte gros

Ce village de pêcheurs est devenu une véritable marque, au sens propre comme au figuré ! La renommée de Saint-Tropez est à chercher du côté des artistes qui s’y sont installés. Tout commence en 1892, quand le peintre Paul Signac découvre Saint-Tropez et fait venir Matisse, Bonnard et Marquet. La notoriété de la ville est consacrée à la fin des 50’s, notamment avec le film culte « Et Dieu… créa la femme » et l’apparition de Brigitte Bardot sur le devant de la scène. La commune prend conscience du formidable potentiel de la marque et dépose l’appellation Saint-Tropez à l’INPI en 1992, ce qui sera à l’origine de contrats juteux pour la ville…

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Le saviez-vous ?

En l’an 68 après Jésus-Christ, le chevalier Torpes (saint Tropez de Pise), intendant de l’empereur Néron, se convertit au christianisme. Néron, furieux, ordonna de le décapiter. Son corps fut abandonné au gré des flots et s’échoua le 17 mai sur les rivages d’Héracléa, ancien nom de Saint-Tropez. De nos jours, les habitants se retrouvent tous les 17 mai pour la « Bravade », pendant laquelle ils portent les anciens costumes de la milice locale et tirent à blanc avec d’antiques tromblons.

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3 questions à… Frédéric Glaize, conseiller en propriété industrielle pour le Cabinet Plasseraud :

Saint-Tropez a déposé son nom à l’INPI. Quels sont les avantages et les inconvénients d’une telle démarche ?
Le droit conféré par une marque est celui d’interdire l’usage commercial d’un signe identique ou similaire à la dénomination « Saint-Tropez ». Tout l’intérêt du système est la capacité pour Saint-Tropez à autoriser l’usage de cette dénomination et ce, bien évidemment, aux conditions qu’il aura posées (contrôle de la qualité des produits, paiement de redevances…). Pour simplifier, la Commune de Saint-Tropez pourra s’opposer à l’utilisation de sa marque « Saint-Tropez » si ce terme est utilisé commercialement sans son autorisation, pour identifier des produits ou services pour lesquels la marque est enregistrée. Par contre, si « Saint-Tropez » est mentionné par un commerçant pour indiquer son adresse, la marque ne permet pas de s’y opposer.

Concrètement, si je veux commercialiser un briquet « Saint-Tropez », quels sont leurs recours ?
Si vous commercialisiez des briquets sous une des marques que la commune a fait enregistrer pour ces produits, il faut l’autorisation de la commune.  A défaut, elle pourra vous assigner pour contrefaçon et ainsi obtenir l’interdiction de la commercialisation de ces briquets, leur retrait de la vente, leur destruction, le paiement de dommages-intérêts en réparation du préjudice causé, voire la publication du jugement. Certaines de ces sanctions peuvent être obtenues assez rapidement, grâce à des procédures d’urgence.

Cela existe-t-il dans d’autres villes, d’autres pays ?
De nombreuses villes ont développé une politique de marque ; l’exemple le plus évident est sans doute celui de la capitale, qui est aussi très active en matière de noms de domaine, avec le fameux « .paris ». La protection de noms géographiques intervient aussi par d’autres types de droits (comme les AOC/ AOP, IGP) et se développe : un projet de loi vise à étendre le système des Indications Géographiques de Provenance aux produits non-alimentaires. Cette loi permettra de garantir l’authenticité de certains produits manufacturés particulièrement ancrés dans un territoire et présentant des caractéristiques particulières, comme par exemple la porcelaine de Limoges.

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Le saviez-vous ?

La série « Sous le soleil », qui se déroule à Saint-Tropez et qui est diffusée dans plus de 100 pays, aurait rapporté à elle seule 500 000 euros à la ville.

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Micro-trottoir à Saint-Tropez pour le Journal télévisé de 1959 :

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