Les 4 phénomènes de la planète finance que les économistes ne comprennent pas

Les économistes du monde entier terminent l’année dans l’incertitude la plus complète, incapables d’expliquer ce qui pourra se passer en 2015. Ils sont incapables d’expliquer ce qui se passe aujourd’hui et d’anticiper des phénomènes complètement imprévisibles.

Les économistes du monde entier terminent l’année dans l’incertitude la plus complète, incapables d’expliquer ce qui pourra se passer en 2015. Ils sont incapables d’expliquer ce qui se passe aujourd’hui et d’anticiper des phénomènes complètement imprévisibles.

Aujourd’hui, il existe deux écoles pour analyser ce qui se passe à l’échelle de l’économie mondiale.

La première est une école très classique. Vaguement enracinée dans le Keynésianisme libéral qui constate que l’Amérique et la Grande-Bretagne sont sorties de la crise déclenchée en 2008. On a là retrouvé des taux de croissance nominaux importants de 3% et plus, de bonnes statistiques de créations d’emplois et donc un taux de chômage parmi les plus faibles du monde. Ce redressement serait dû à l’action dynamique des banques centrales américaine et anglaise, qui ont déversé des tombereaux de liquidités en rachetant massivement de la dette, privée et publique, sans trop regarder la qualité de ces actifs.

Les partisans de cette école très classique pensent que les émergents ont retrouvé des rythmes de croissance assez forts, capables d’alimenter une demande pour les industriels occidentaux. Enfin, ils constatent avec regret que l’Europe est plantée. Pas de croissance, pas d’emplois. Tout cela parce que les pays européens auraient, comme des moutons bêtes et disciplinés, suivis la politique allemande de redressement des finances publiques pour réamorcer les investissent privés. Il suffirait donc de « désaliéner » la banque centrale européenne et de s’affranchir du dictat allemand pour que l’on reparte.

La deuxième école est beaucoup moins arrogante. D’abord, ses adeptes prétendent que s’il y avait une recette miracle que seule l’Europe est incapable d’appliquer, ça se saurait et que des esprits supérieurs se précipiteraient pour l’imposer. Pour l’instant, les seuls qui prétendent pouvoir s’écarter des règles européennes appartiennent aux mouvements d’extrême droite ou d’extrême gauche et font leur commerce avec un catalogue de gadgets populistes.  Les partisans de cette deuxième école d’analyse admettent qu’il y a des phénomènes complètement incompréhensibles voire imprévisibles.

1e phénomène : Tous les monétaristes forcenés nous avaient annoncé que la création de monnaie à dose massive allait générer de l’inflation. Ils disaient que cette dernière pouvait être un moteur de relance et une façon un peu indolore d’éteindre une partie des endettements massifs. Et bien ces économistes reconnaissent aujourd’hui que ni en Amérique, ni en Angleterre, l’inflation n’est venue bénir l’action des banques centrales. Plus grave, une grande partie des taux de croissance ont été dopés par les activités de la défense nationale. Les entreprises ont surtout profité de la baisse des prix de l’énergie.

2e phénomène : La baisse rapide des prix de l’énergie et des matières premières n’a été anticipée par aucun économiste. Personne ne s’attendait à un tel effondrement de la demande ni au maintien de l’offre. Cette baisse du prix du pétrole, qui va au-delà de l’impact du seul prix du pétrole de schiste, explique en grande partie le risque de la déflation des indices. Déflation qui ne se diffuse évidemment pas au reste de l’économie ou alors de façon très diluée. Normalement, cette baisse des prix de l’énergie devrait avoir un effet positif sur les marges, donc sur la compétitivité. Ce n’est pas le cas.

3e Phénomène : La persistance de la baisse des taux d’intérêt. Alors que les banques centrales américaine et anglaise ont un peu fermé le robinet de la création monétaire, on pensait vaguement que les taux d’intérêt pourraient remonter. Or, ce n’est pas le cas. Ce n’est pas le cas parce que la banque centrale américaine a freiné sa création monétaire et que la liquidité a reculé. La conséquence d’un taux d’intérêt à zéro, c’est que l’économie ne fait plus de projets. Le risque n’étant pas rémunéré, les acteurs n’en veulent plus. Le risque, c’est le moteur de l’initiative.

4e phénomène : Les émergents sont, sans doute, moins moteurs que ce que l’on espérait. Les autorités de Chine ou du Brésil hésitent beaucoup à relancer la demande intérieure pour compenser le ralentissement des exportations. Seulement voilà, une demande intérieure forte en Chine est porteuse de problèmes et de contraintes politiques. On ne libère pas la consommation privée dans un pays autoritaire sans risquer de libérer des envies et des appétits de liberté. Liberté de consommer, puis de penser. Or, la liberté individuelle et la manifestation de cette liberté, les dirigeants chinois ne savent pas faire.

Ce phénomène montre à l’évidence qu’il n y a plus de modèles miracles. Le système tient parce qu’il gère un équilibre fragile entre les dettes des uns, les occidentaux, et l’épargne des autres à savoir les excédents des émergents et l’argent des retraites occidentales. Cet équilibre sera, en 2015, très difficile à tenir.