Les 5 raisons pour lesquelles il faut dire oui à la loi Macron

Le projet de loi Macron ne plait aujourd’hui ni à la droite, ni à la gauche. Pour la droite il manque d’ambition, donc il faut le combattre. Pour la gauche, il n’est pas assez de gauche donc il faut l’abattre. Si le texte législatif reste, cela tiendra du miracle. C’est pourtant bien de cela dont on a besoin, un miracle de pragmatisme et de responsabilité.

1e raison : Le pays a besoin de se redresser.

Le projet de loi c’est vrai, est un collier de petites réformes qui, mises bout à bout, ne vont pas renverser la table du modèle franco-français. Mais le texte déclare la guerre aux privilèges. Cette loi, qui ressemble un peu au vide grenier de tous les rapports d’orientation qui ont été fait en France depuis vingt ans, aligne des réformes qui déboulonnent des blocages, démontent des lobbies et des conservatismes qui bloquent la société française.

Le pays crève de tous les privilèges et de toutes les rentes qui ont été constituées depuis la nuit des temps. Bien sûr, elle ne nettoie pas tous le paysage, bien sûr elle ne s’attaque pas à la rente la plus dure, celle de la fonction publique, mais elle ouvre la porte. Et ce n’est pas, parce qu’elle ouvre de petites portes, qu’il faut les refuser.

2e  raison : Ces propositions ne sont ni de droite, ni de gauche : elles sont pragmatiques.

Les débats suscités par la loi Macron sont d’une bêtise rare, parce qu’ils sont ramenés constamment à des questions idéologiques et politiques. Les propositions de la loi Macron n’ont également aucun caractère religieux.  Elles répondent à une demande évidente, à un besoin.

Comment peut-on s’opposer à l’ouverture des magasins le dimanche si les clients le veulent et si les salariés sont d’accord ? Comment peut-on s’opposer à un état de fait quand toutes les garanties pour les salariés comme le volontariat, les primes ont été données ?

3e raison : Permettre aux chômeurs de retrouver un peu de travail.

Toutes les mesures concernant le droit du travail comme les prud’hommes, l’épargne salariale, le contrat unique, les effets de seuil et davantage d’activité avec l’ouverture le dimanche n’ont qu’un seul objectif : permettre aux chômeurs de trouver du travail. S’y opposer c’est encourager et se satisfaire du chômage.

Comment Martine Aubry peut-elle oser dire que c’est une mauvaise idée ? Alors qu’elle sait que dans son propre conseil certains font du lobbying pour que Lille soit classée site touristique international ? Cela permettrait aux magasins du centre de Lille d’ouvrir le dimanche, d’accueillir les touristes français et belges et d’embaucher davantage de main d’œuvre.

4e raison : Le texte vise à supprimer des rentes et permet la concurrence.

Depuis quand doit-on réserver la profession de notaire aux seuls fils de notaires qui ont raté leur licence en droit (parce que c’est ça aussi la réalité). Pourquoi faut-il interdire aux Français de voyager en bus ? 3 millions de voyageurs en France, 33 millions en Grande-Bretagne ? 10.000 emplois directs à la clé.

Doit-on vraiment se satisfaire d’un service de taxis lamentable et interdire à Uber et autres VTC de proposer un service meilleur ? Tout cela pour protéger le monopole de G7. Depuis une semaine, le réseau Taxis Bleus offre à ses clients une application, un service et des tarifs équivalents aux voitures Uber. Bizarre, la concurrence rend intelligent, c’est une des lois élémentaires de l’économie de marché. La preuve.

Pourquoi faudrait-il revenir sur les concessions des autoroutes privées ? Parce que l’État des autoroutes publiques est peut-être plus satisfaisant ? La réponse est évidemment non. Les autoroutes publiques sont sales, mal entretenues et dangereuses. Allez circuler en Allemagne ou en Grande-Bretagne. Vous aurez une idée des résultats de la gestion publique des réseaux autoroutiers. La France a le plus beau réseau d’autoroutes en Europe. Il y a bien une raison : les concessions privées. Alors que l’on révise les conditions et les tarifs oui, après tout l’État est tuteur. Il peut le faire mais que l’on n’achète pas des voix de gauche en nationalisant un système remarquablement bien géré par le privé.

5e raison : La loi Macron va lancer un mouvement de libération de l’économie ou alors faire exploser la majorité de gauche.

La droite n’a pas intérêt à l’explosion, elle n’est pas prête à prendre le pouvoir. La droite a tout intérêt à ce que la loi Macron ouvre cette porte pour amorcer un processus de libération. Pour une raison simple, elle a toujours été incapable de faire passer quand elle était au pouvoir des mesures  libérales.

Le débat que suscite la loi Macron est un marqueur du conservatisme de la société, du poids de ses lobbys et de ses corporatismes. Si cette loi passe, elle ouvrira une brèche vers la modernisation. La loi Macron ouvre une brèche dans le conservatisme de gauche et dans le conservatisme de droite. La chance pour la droite, c’est que la gauche va faire le travail. Elle doit le faire. Pourvu qu’elle le fasse, que ce pays respire un bon coup.