Les dix raisons qui ont conduit la classe politique française à la faillite

La semaine qui vient de s’écouler a encore été désastreuse pour la classe politique. Les milieux d’affaires français s’inquiètent moins de la situation économique que de l’état des responsables politiques dont le crédit est désormais  épuisé. La presse étrangère est accablante.

La semaine qui vient de s’écouler a encore été désastreuse pour la classe politique. Les milieux d’affaires français s’inquiètent moins de la situation économique que de l’état des responsables politiques dont le crédit est désormais  épuisé. La presse étrangère est accablante.

Pour les milieux d’affaires européens, la classe politique française est désormais complétement démonétisée, ruinée, incapable de redresser leur réputation et de retrouver un semblant de pouvoir. Les responsables anglais et allemands ne décolèrent pas de voir autant de gâchis et d’incompétence. Pour beaucoup, la France politique est plus gravement atteinte  que ne l’était la classe politique italienne, il y a dix ans. « Au moins en Italie, explique-t-on dans la presse allemande, on savait que les responsables politiques étaient mal formés aux affaires, corrompus, et voyous, mais la solution était simple. Il fallait secouer les vieilles structures, éliminer, et nettoyer, ce qui a été fait. En France, les responsables politiques sont, pour la plupart des gens intelligents, éduqués mais moins que la génération précédente et surtout incapables de gouverner un pays moderne. L’élite de l’élite française a fui la politique pour aller dans l’entreprise et ça se ressent. Si on trouve encore des ministres qui tiennent la route, les personnels de cabinets sont beaucoup moins intéressants qu’il y a vingt ans. L’ENA s’est vidée de ses meilleurs éléments et a perdu de son intelligence avec l’Etat qui a perdu de son influence sans être capable de se donner d’autres missions.

Les chefs d’entreprise ont un jugement encore plus sévères, « les ministres eux-mêmes sont nuls, ils ne tiendraient pas deux heures dans un conseil d’administration. Ils sont incapables de faire un plan stratégique, de le respecter et de le vendre à leurs actionnaires qui sont en l’occurrence les contribuables ou les électeurs. »

Et c’est vrai que les détails de la vie quotidienne publique cette semaine nous ont offert le spectacle « désopilant » de gens qui théoriquement ont un immense pouvoir mais aucune compétence pour l’exercer avec responsabilité.

Depuis quinze jours, c’est un festival. Quand Arnaud Montebourg se vante de retourner à l’école pour apprendre l’entreprise on hallucine. Ce type a été ministre. Quand il annonce sa décision de créer une entreprise on plaint les actionnaires et les salariés. Enfin, chacun ses risques !!!

Le numéro de claquettes du président de la République lors d’un show télévisé était censé relancer sa carrière à mi-mandat. Très bien, sauf qu’il n’avait pas de nouvelle chanson, que son numéro intimiste du genre « moi Président j’ai un cœur et je souffre comme n’importe qui ». Honnêtement, tout le monde s’en tape… Et pour finir, il n’a rien annonce, rien recadré, il a simplement apporté la preuve qu’il pourrait tenir correctement une agence de pôle emploi et jurer qu’il n’y aurait plus de hausse d’impôts . Là comme souvent au cirque, l’artiste a pris des risques.

Pour un capitaine d’un bateau qui doit nous faire traverser le triangle des Bermudes ce n’est pas rassurant. Les Français ne sont pas sortis rassurés du tout. Ils avaient raison, trois jours plus tard le ministre des impôts laisse entendre qu’il y aura des hausses d’impôts. Pour ne pas contredire son chef, il a dû démentir ce qu’il avait dit lui-même. Quel désordre. Ne parlons pas de la confusion budgétaire et de l’impossibilité de s’entendre avec les copropriétaires de Bruxelles sur un niveau de dépenses acceptables ! Ne parlons pas de Pierre Moscovici qui, une fois installé à la Commission aurait dû là jouer profil bas, mais qui, au contraire passe déjà pour « le plus arrogant des commissaires européens » dixit les Anglais, les Allemands et les journalistes correspondants qui en ont pourtant vu des héros d’un jour. Pour Pierre Moscovici, se créer une aussi mauvaise image en si peu de temps, c’est un exploit. Ce n’est pas de l’incompétence, c’est simplement un manque d’éducation !

En dix jours, ce gouvernement a prouvé qu’ il ne savait pas compter, qu’ il avait besoin d’une formation en droits public, qu’ il avait besoin de training intensif en communication et qu’ en plus il lui faudrait un bon DRH…

A droite ce n’est pas mieux, entre l’affaire Fillon-Jouyet qui est incompréhensible mais finalement aussi glauque que l’affaire Nabilla, et la découverte que les députés de droite aussi, avaient les mêmes adresses que Jérôme Cahuzac… On n’en sort pas. Pendant ce temps-là, Alain Juppé fait la Une des Inrocks et il en est très content, Nicolas Sarkozy slalome entre les affaires et enchaîne les meetings populaires au fin fond de l’hexagone avec les conférences internationales a 100 000 euros aux quatre coins de la planète. Faut bien vivre !

Pour les observateurs internationaux, les résultats catastrophiques des sondages ne sont pas surprenants. La classe politique est un champ de ruines. Pourquoi, comment, il est évident que les explications données par Éric Zemmour sont un peu courtes. On pourrait retenir dix raisons qui expliquent cette faillite.

1ère raison, les hommes politiques de droite comme de gauche sont obsédé par leur image à court terme. En réalité, ils ont ruiné leur réputation… Plutôt que de traiter avec courage des vrais problèmes que sont le chômage, la perte de compétitivité, les meilleurs, les plus intelligents gaspillent leur energie dans des querelles d’ego complètement veines, des batailles dérisoires internes à leur famille souvent… Pour le plus grand plaisir des journalistes politiques qui pensent qu’organiser un débat violent est plus intéressant qu’une pédagogie.

2e raison, les hommes politiques ne connaissent pas les vrais problèmes de la modernité. Ils sortent pour la plupart de la fonction publique et même des institutions parlementaires. Ils sont tous ou presque anciens attachés parlementaires. Ils ont été élevés dans le jeu politique alors qu’il aurait fallu qu’ils travaillent dans l’entreprise ou à l’étranger. Sortis du Parlement, la vie n’existe pas pour eux.

3e raison, ils n’ont pas voyagé. Ils ne connaissent pas la géographie socioéconomique. Ils pensent pouvoir changer le monde alors que c’est l’inverse. François hollande a attendu d’être président de la république pour mettre les pieds en Chine. On rêve !

4e raison, ils ne connaissent pas l’entreprise. Huit parlementaires sur dix seraient incapables d’expliquer le phénomène de création de richesses. Or, créer de la richesse c’est le cœur du réacteur. Si on sait comment créer de la richesse on prépare l’écosystème qui favorisera ce processus. Savent-ils seulement qu’avant de distribuer ou redistribuer de la richesse, il faut la produire ? On peut en douter quant au plus haut niveau de l’Etat, le Président expliquait à la télévision que les mesures qu’il proposait ne coûteraient rien puisque « c’est l’Etat qui payera. » Puisque c’est l’Etat qui paie, on n’a rien à payer… mais bon sang mais c’est bien sûr ! L’homme politique est convaincu que les choses finissent par s’arranger et que l’Etat ne pourra pas faire faillite. Ils ne savent pas expliquer pourquoi mais ils le disent. Rien n’est plus faux.

5e raison, ils n’ont pas compris qu’avec la mondialisation l’Etat ne pouvait plus jouer le même rôle de réassureur des opinions publiques. Avec la mondialisation l’Etat doit changer de rôle. Il n’est plus acteur direct du système économique, il est régulateur d’accords internationaux et il doit surtout se concentrer sur les fonctions régaliennes (police, justice, fiscalité etc.).

6e raison, les hommes politiques ne veulent pas comprendre que dans un univers mondialisé Keynes est inopérant. Il est mort. Distribuer de l’argent pour solvabiliser une demande ne sert strictement à rien sauf à solvabiliser une demande étrangère à laquelle on ne peut pas répondre faute de compétitivité. Le nerf de la guerre c’est l’innovation. Le propre d’une administration ce n’est pas d’innover mais de conserver des rentes pour le plus grand nombre.

7e raison, les hommes politiques ont toujours parlé d’Europe mais ne l’ont jamais aimée, sauf à lui faire endosser les décisions les plus désagréables. L’Europe a toujours été utilisée pour assumer des décisions que  la lâcheté nationale ne voulait pas prendre à son compte. Or l’Europe pour le monde réel des affaires c’est l’avenir du système pour survivre au niveau mondial. Ce n’est donc pas rien.

8e raison, l’elite politique française a toujours pensé que le peuple était bête, incapable de comprendre les bienfaits de la mondialisation ou du progrès technologique ou de l’économie de marché. Par conséquent l’élite évitera de dire la vérité. L’élite politique rêve d’une économie qui serait gérée comme le ministre Colbert au 17e siècle gérait St Gobain à la création. Une entreprise d’Etat.

9e raison, les responsables politiques nationaux sont incapables de gérer le court et le long terme. Le temps politique s’arrête à la durée d’un mandat. Les maires sont plus lucides ou plus courageux. la première année, ils décident des grands travaux, la deuxième année ils essuient les critiques de leurs administrés qui sont dérangés dans leur vie quotidienne par ces travaux… La troisième année, les travaux s’achèvent. La quatrième année du mandat, l’inauguration du tramway (ou de tout autre équipement) est un triomphe, le maire sera réélu. Une fois réélu il pourra augmenter les impôts. Eh oui, il faut payer.

10e raison, la démocratie politique fonctionne mal en période de crise et de grande mutation. Le candidat ne peut plus acheter des voix.  N’ayant ni croissance, ni crédit, ni argent à distribuer, la démocratie en période de crise amène les candidats politiques à mentir et à faire des promesses qu’ils ne pourront pas délivrer. C’est bien ce qui se passe actuellement. François Hollande ne peut pas respecter ses promesses. Ce à quoi ses amis répondent que s’il n’avait pas fait cette campagne, il n’aurait sans doute pas été élu… Of course !

Mais viendra bien un jour, où l’électeur dans un éclair de lucidité s’arrêtera à la vérité des faits, et des chiffres.

L’homme politique est exactement comme le chef d’entreprise. Il doit raconter une histoire, dire un projet, une ambition. Mais  il n’a pas le droit de raconter des histoires. On peut mentir une fois à quelques-uns, mais mentir beaucoup à tout le monde ça ne passe pas. Ça se termine très mal

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